La musique Gnaoua enfin inscrite a L’Unesco. Inscrite jeudi 12 décembre au patrimoine immatériel de l’Unesco, est une tradition perpétuée au Maroc par les descendants d’anciens esclaves venus d’Afrique subsaharienne.

Associant rituels africains et culte des saints vénérés par les populations locales, l’art gnaoua se rapporte à un « ensemble de productions musicales, de performances, de pratiques confrériques et de rituels à vocation thérapeutique où le profane se mêle au sacré », selon le dossier présenté par le Maroc.

Vêtus de costumes colorés, les musiciens gnaoua jouent du guembri, une sorte de luth-tambour à trois cordes composé d’un manche rond qui s’enfonce dans une caisse de résonance en peau de dromadaire, accompagnés par des castagnettes en acier appelées qraqeb. Ils pratiquent un « rituel de possession thérapeutique sous forme d’une veillée de rythmes et de transe où se mêlent des pratiques africaines ancestrales, des influences arabo-musulmanes et des manifestations culturelles berbères autochtones », est-il souligné.

La tradition remonte au moins au XVIe siècle, en liaison avec « des groupes et des individus issus de l’esclavage et de la traite négrière », et représente aujourd’hui une des multiples facettes de l’identité culturelle marocaine.

La candidature de l’art Gnaoua a été approuvée lors de la 14è session annuelle du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco qui tient ses travaux du 09 au 14 décembre dans la capitale colombienne en présence de plus de 124 pays, dont le Maroc.

Un festival à Essaouira

Cette musique de confrérie a été largement popularisée par le Festival gnaoua d’Essaouira, créé en 1997 dans la citadelle fortifiée accrochée à une presqu’île rocheuse au bord de l’Atlantique, dans le sud du Maroc.

À LIRE  24E ÉDITION FESTIVAL INTERNATIONAL DU CINÉMA D'AUTEUR DE RABAT

Jusque-là, la confrérie gnaoua était peu connue, voire marginalisée. Désormais, sa réputation attire chaque année des flots de fans du monde entier pour un festival qui propose un métissage musical assez unique. Essaouira a en effet vu des pointures comme Pat Metheny, Didier Lockwood ou Marcus Miller se produire avec les plus célèbres des maalem, les maîtres de la musique gnaoua, leur filiation africaine favorisant la fusion avec le blues ou le jazz.

Dans une allocution de circonstance prononcée à cette occasion, l’ambassadeur du Maroc en Colombie, Mme Farida Loudaya, a exprimé la profonde gratitude du Royaume pour la décision de l’Unesco, ajoutant que l’entrée de cet art ancestral sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité est accueillie avec une immense joie au Maroc.

Cette consécration constitue une grande reconnaissance au Royaume du Maroc et à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui a constamment érigé la culture comme composante principale de l’identité de la Nation et de son authenticité, a dit Mme Loudaya, ajoutant que la décision du Comité de l’Unesco est un hommage à la richesse du patrimoine culturel et à l’art Gnaoua, symbole de la diversité culturelle et ethnique du Royaume.

L’art Gnaoua, qui a conféré une véritable dynamique à la scène artistique nationale, a acquis une renommée internationale grâce aux fusions de cette musique spirituelle avec d’autres genres musicaux étrangers tels que le blues, le jazz et le reggae, s’est félicitée la diplomate marocaine, rappelant le rôle majeur que joue le Festival international de la musique Gnaoua et Musiques du monde d’Essaouira dans la promotion de cet art ancestral, populaire et mystique.

À LIRE  casablanca abrite la 26ème édition du Salon international du livre

Quant au conservateur du patrimoine au ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, Abdessalam Amarir, qui représente le Maroc à cette réunion, il a salué la décision de l’Unesco, qualifiant l’art Gnaoua de “pont artistique” entre le Maroc et son prolongement africain.

Pour célébrer l’inscription de l’art Gnaoua sur la liste de l’Unesco, la troupe de maâlem Abdeslam Alikane, venue spécialement d’Essaouira pour cet événement, a livré une belle prestation puisant dans le riche répertoire de la musique gnaouie, plongeant l’assistance dans une ambiance à la fois festive et mystique.

Aux sons des crotales, du guembri et du tambour, les membres de la troupe gnaouie ont exécuté des chants et des danses sublimes reflétant le charme et la magie de cet art ancestral qui fait la renommée du Royaume sur la scène artistique mondiale.

MAP-