Près du quart (23,3%) des non migrants ont l’intention d’émigrer, selon les premiers résultats relatifs à la première phase de l’enquête nationale sur la migration internationale réalisée en 2018-2019 par le Haut-Commissariat au plan (HCP).

L’intention d’émigrer ne varie pas selon le type de ménages, fait ressortir l’enquête ayant couvert un échantillon de 5.765 individus non migrant, ajoutant qu’elle est de 23,3% parmi les non migrants issus des ménages n’ayant aucun migrant (ménage non migrant) et de 23,8% parmi ceux issus des ménages ayant au moins un migrant (ménage migrant).

Cette intention varie de manière significative selon le sexe, l’âge et le niveau d’instruction, indique l’enquête, relevant qu’elle est le fait de 28,6% des hommes contre 17,7% des femmes et de 40,3% pour les personnes âgées de 15 à 29 ans contre 10,3% pour les 45-59 ans.

Elle est également le fait de 25% de ceux ayant le niveau d’études secondaires ou supérieures contre 12,4% pour ceux n’ayant aucun niveau d’instruction. En outre, 4 non migrants ayant suivi une formation professionnelle sur 10 (40,6%) ont l’intention d’émigrer, relève l’enquête.

Et d’ajouter que 41,1% des non migrants de la région de l’Oriental souhaitent émigrer à l’étranger, suivis de ceux de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (30,8%), de Marrakech-Safi (26,7%) et de Drâa-Tafilalet (26,2%). Les autres régions enregistrent des proportions inférieures à la moyenne nationale (23,3%). La région de Souss-Massa enregistre la proportion la plus faible (10,5%).

Avec 70%, les raisons économiques constituent le principal motif avancé par ceux ayant l’intention d’émigrer suivies des raisons sociales (24,4%). Les raisons économiques sont plus élevées parmi les ménages sans migrants (70,2%) que parmi les ménages avec migrants (64,6%). A l’opposé, les raisons sociales sont plus élevées parmi les ménages avec migrants (31,3%) que parmi ceux sans migrants (24,2%).

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Les jeunes compétences nationales fuient le royaume. Ce constat devrait tirer la sonnette d’alarme, afin d’améliorer le tissu socio-économique, surtout lorsque l’on s’aperçoit que la moyenne d’âge de ceux qui décident de quitter le royaume tourne autour des 25 ans. Concrètement, entre 2018 et 2019, presque 60 % de la population en âge de travailler a quitté le Maroc. Dans les détails, la tranche d’âge des 15-29 ans de ceux qui ont mis le cap vers l’étranger pour la première fois s’est établie à 27 %, alors que ce taux a été de 32,5 % du côté des 30-39 ans.

les Marocains sont à la recherche de meilleures opportunités professionnelles ainsi qu’une éducation de qualité supérieure à ce que le Maroc peut offrir. Ainsi, 53,7 % des migrants nationaux sont à la recherche d’emploi sur le marché international, alors que 24,8 % aspirent à une meilleure éducation.

Donc, l’accomplissement de soi est le principal motif derrière la fuite des compétences nationales, qui n’ont surtout rien à perdre dans l’accomplissement de leur quête, surtout lorsque l’on s’aperçoit que 72,7 % sont célibataires, et n’ont donc pas d’attaches en ce sens, qui pourraient freiner leur poursuite du bonheur.

Ainsi, les Marocains auraient un penchant pour le marché français, qui accueille 31,1 % des migrants nationaux, suivi par l’Espagne (23,4 %), l’Italie (18,7 %), mais aussi les contrées lointaines du Canada et des États-Unis (3,8 % et 3,6 %).