Le discours de Vera Songwe, Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique (Cea), lors de la 35ème réunion consultative du pré-Sommet de la campagne de l’Union africaine, est un véritable plaidoyer pour la lutte contre la circulation des armes en Afrique.

Elle alerte qu’«un nombre élevé d’armes à feu circulant sur l’ensemble du continent continue systématiquement de faire taire les voix des femmes, les privant de dignité humaine à des niveaux sans précédent». Elle regrette que l’écart économique entre hommes et femme soit toujours énorme.

“Chaque fois que les armes parlent en Afrique, ce sont les petites filles qui en souffrent et qui cessent d’aller à l’école. Les femmes meurent en grand nombre, et les abus sexuels liés aux conflits augmentent”

Les pays africains ne peuvent se permettre d’ignorer le fardeau croissant que le manque de paix et de sécurité fait peser sur les femmes à travers le continent, a déclaré lundi Vera Songwe, secrétaire exécutive de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA).

En plus, elles sont toujours victimes de persécutions dans les conflits. «Malheu­reusement, cela ne se matérialisera pas avec des chiffres montrant par exemple que plus de 200 000 femmes ont été violées depuis la deuxième guerre du Congo. Nous devons faire taire les armes maintenant», appelle-t-elle.

“A travers tout le continent, le bruit assourdissant des armes à feu continue à étouffer la voix des femmes, les privant de dignité humaine dans des proportions sans précédent”

Elle a également souligné que les pays africains actuellement touchés par des conflits actifs, comme la Somalie, le Soudan du Sud et le Burundi, présentaient “des chiffres alarmants en termes de viols, d’esclavage sexuel, de prostitution forcée, de grossesse forcée, d’avortement forcé, de stérilisation forcée, de mariages forcés et de diverses autres formes de violences sexuelles”.

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Par ailleurs, Vera Songwe rappelle l’impact des armes à feu sur l’éducation des filles : «Avec ces chiffres, nous ne pourrons sérieusement jamais réaliser l’Agenda 2030 pour le développement durable et l’Agenda 2063, l’Afri­que que nous voulons.

“Les femmes peuvent aider à améliorer la croissance économique de l’Afrique de façon exponentielle, et la croissance peut en retour aider les femmes africaines, ce qui contribuera ainsi à combler le fossé économique entre les sexes”

Nous le savons et nos dirigeants le savent également.» La Secrétaire exécutive de la Cea insiste sur l’importance d’ouvrir ce programme de lutte à d’autres acteurs pour espérer sa réussite. «Nous devons également impliquer le secteur privé dans cette campagne. Le secteur privé fabrique et vend les armes à feu, nous devons donc nous assurer de leur participation à cette conversation.»