Rachida Benmessaoud, appelle à la femme écrivaine à “faire jaillir la langue” pour briser la domination du masculin sur le féminin, a estimé l’écrivaine et critique marocaine, à l’occasion de la 26è édition du Salon international de l’édition et du livre (SIEL), qui se poursuit au 16 février à Casablanca.

Plusieurs langues, dont la langue arabe, ne sont pas “neutres” dans leur usage du masculin et du féminin, en ce sens que l’on fait face à un ensemble de règles qui font que le masculin l’emporte sur le féminin, a-t-elle indiqué dans un entretien accordé à la MAP, en marge de sa participation à colloque intitulé “Questions de créativité pour l’écrivain marocain: approches et expériences”.

Rachida Benmessaoud: “faire jaillir la langue” pour briser la domination du masculin sur le féminin 1
Rachida Benmessaoud

De l’avis de la critique marocaine, “l’écriture féminine doit s’approprier langage et la langue” et à “réhabiliter le corps féminin en sa tant que charge culturelle et humaine, plutôt qu’un phénomène biologique ou physiologique”.

Mettant en avant les écrits de “nombreux philosophes, poètes et juristes, qui ont formulé une ingénierie sociale plaçant la femme en deuxième position”, Benmassoud a affirmé que “la conception d’une image positive de la femme ne peut se faire qu’à travers un démantèlement des stéréotypes la confinant dans un rôle maternel et conjugal”.

Pour cette membre de l’Union des écrivains du Maroc (UEM), les femmes ont toujours été présentes sur la scène culturelle marocaine et même à l’ère post-indépendance, elle écrivaient sous des pseudonymes pour aborder des questions principalement féminines.

“l’écriture féminine doit s’approprier langage et la langue” et à “réhabiliter le corps féminin en sa tant que charge culturelle et humaine, plutôt qu’un phénomène biologique ou physiologique”.

Après cette période, a-t-elle ajouté, des changements ont conduit à une transformation culturelle majeure, accompagnée d’une augmentation de créations féminines, tant dans le domaine de la poésie, que ceux du roman et de la nouvelle.

À LIRE  FORUM EURO-MÉDITERRANÉEN DES JEUNES LEADERS 2019

S’agissant de la position des femmes au sein de l’UEM, Mme Benmessoud a indiqué que l’Union est “une organisation avec une histoire et une présence sur la scène culturelle marocaine”.

La femme a toujours été représentée au sein des différents organes de l’UEM, a-t-elle poursuivi, en formulant le vœu que l’Union des écrivains du Maroc “soit dirigée par une femme aux côtés de l’homme”.

Mme Benmassoud, également membre du comité préparatoire de la conférence extraordinaire de l’UEM, prévue les 18 et 19 avril prochains, a estimé que la culture oeuvre à la consolidation des acquis réalisés par les femmes au Maroc, soulignant la nécessité d’adopter la dimension culturelle lors de la mise en application la régionalisation avancée.

La promotion de la culture n’est pas la responsabilité d’un ministère spécifique, mais plutôt une responsabilité collective étant donné que la culture imprègne tous les secteurs, notamment le tourisme, le sport, l’éducation et l’information, a-t-elle expliqué. L’ambition est de faire du Maroc une “balise culturelle” au niveau de la région arabe, conclut l’auteure du roman”Jamaliat assard anissai”.

La 26è édition du SIEL, organisée par le ministère de la Culture, de la jeunesse et des sports, en collaboration avec l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations et le Parc des expositions de Casablanca, connait la participation de 703 exposants, dont 267 exposants directs et 436 indirects, venus du Maroc, d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique qui présentent un fond documentaire riche et varié couvrant plusieurs champs de connaissance, avec plus de 100.000 ouvrages.

MAP-