Annoncée pour mars 2021, la station de dessalement d’eau de mer d’Agadir permettra de satisfaire les besoins en eau potable du Grand Agadir et contribuera à l’irrigation de la plaine de Chtouka. Les travaux de réalisation enregistrent un taux d’avancement de 65%.

Le Roi Mohammed VI a lancé, jeudi 13 février, les travaux de réalisation du réseau d’irrigation à partir de la station de dessalement d’eau de mer d’Agadir, l’un des plus grands projets au Maroc et dans la région méditerranéenne et africaine et une première en matière de mutualisation entre la production de l’eau potable et de l’eau d’irrigation.

La station de dessalement est mixte: elle produira de l’eau potable et en même temps, de l’eau destinée à l’irrigation. L’activité royale du jeudi 13 février concernait la partie irrigation. La station sera prête en mars 2021. Pour qu’elle soit pleinement opérationnelle, on commence dès maintenant à préparer le réseau qui distribuera l’eau d’irrigation.

Fruit d’un partenariat public-privé, ce projet d’envergure a pour principaux objectifs l’alimentation en eau potable du grand Agadir, du fait de l’insuffisance de l’offre des ressources conventionnelles, et la sauvegarde de la nappe phréatique (déficit annuel des ressources souterraines estimé à 90 millions de m3). Il permettra ainsi l’accès à l’eau potable d’environ 1,6 million d’habitants.

Il vise aussi la sécurisation de l’alimentation en eau d’irrigation de la plaine de Chtouka (15.000 ha) et la préservation des activités agricoles dans la région, particulièrement les cultures à forte valeur ajoutée, ainsi que la capitalisation de l’expérience du secteur privé.

D’un coût global de 4,41 milliards de DH, dont 2,35 MMDH pour sa composante irrigation et 2,06 MMDH pour sa composante d’eau potable, ce projet consiste en la mise en place des meilleurs procédés, notamment la technologie d’osmose inverse, et équipements existants actuellement dans le domaine du dessalement de l’eau de mer et de la distribution de l’eau.

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Ce projet consiste en la réalisation d’ouvrages marins (deux conduites d’amenée de 1.100 ml de longueur chacune équipées de tours de prise, un émissaire de rejet de 660 ml de long avec diffuseur), d’une station de dessalement et d’infrastructures d’irrigation (réservoir de stockage, 5 stations de pompage, adducteur principal 22 km et réseau de distribution 489 km).

Réalisée par l’espagnol Abengoa, la mise en service de l’unité de dessalement est prévue en mars 2021. Elle produira en premier temps 275.000 m3/jour à raison d’un débit de 150.000 m3/jour d’eau potable et d’un débit de 125.000 m3/jour d’eau d’irrigation. Ses installations permettront à terme une capacité totale de 400.000 m3/jour qui devrait être partagée équitablement entre l’agriculture et l’eau potable.

A noter que l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEEP) réalise des installations nécessaires au transport de l’eau dessalée jusqu’au réservoir de la Régie autonome multi-services d’Agadir “Ramsa” à l’entrée de la ville d’Agadir, d’un coût de 363 millions de DH. A ces installations s’ajoutent celles nécessaires à l’alimentation électrique du projet de dessalement à partir du poste source de Tiznit. Le coût de l’alimentation électrique s’élève à 92 millions de DH.

Réduire le coût de production

Située à 40 km au sud d’Agadir sur un site côtier au nord de la localité de Douira, la station (20 ha) repose sur un développement technologique particulier, dédié à réduire le coût de l’énergie utilisée.

Trois paramètres sont pris en compte. Les technologies utilisées sont ainsi améliorées par un système appelé le “système des échangeurs de pression” qui est fait de la filtration sous haute pression et qui “permet de récupérer l’énergie et de réaliser un impact très positif sur le coût de l’énergie par m3, produit et réduit à peu près 43%.

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Le deuxième paramètre concerne le raccordement de la station de dessalement à un parc éolien, alors que le troisième est lié au transport de l’eau dessalée à partir de la station de dessalement vers le réseau de distribution du grand Agadir.

En matière de financement, des conventions préalables sont signées avec les agriculteurs pour l’achat des volumes produits.

En effet, les agriculteurs de la région ont participé au financement de la station en s’acquittant, en deux tranches, d’une participation de 10.000 DH par hectare.

En contrepartie, l’Etat s’est engagé à leur fournir de l’eau dessalée à des fins d’irrigation, et ce à l’un des plus bas coûts à l’échelle internationale (5 DH/m3).

Projets d’envergure

Le projet de station de dessalement d’Agadir s’ajoute à d’autres projets d’envergure annoncées dans plusieurs villes marocaines.

A Casablanca-Settat, une station de dessalement est annoncée avec un débit de 200.000 m3/j, pour une enveloppe de 4 milliards de DH.

A Laâyoune, une deuxième station est programmée avant fin juin 2021, d’une capacité de 18.600 m3/jour, pouvant satisfaire les besoins de la population locale jusqu’en 2040. Elle s’ajoute à celle inaugurée en 1995, d’une capacité de 300 L/s.

D’autres stations de dessalement d’eau de mer sont également programmées à Safi et près de Nador.