La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a indiqué que le Maroc “a bien avancé dans la mise en place de conditions propices à une croissance plus élevée et plus inclusive, en dépit d’un environnement extérieur difficile”.

Dans un entretien à la MAP à Washington, à la veille de la visite de travail qu’elle entame lundi dans le Royaume, Mme Georgieva a relevé que “la résilience de l’économie a été renforcée, et la croissance devrait accélérer progressivement à moyen terme”.

“Toutefois, l’effort de réforme doit être maintenu: la croissance, aujourd’hui inférieure à 3 %, n’est pas assez forte pour créer suffisamment d’emplois et réduire les inégalités sociales et régionales. Le chômage demeure élevé, surtout parmi les jeunes et les femmes”, a souligné la Cheffe de l’institution financière internationale.

Pour Mme Georgieva, “les autorités marocaines sont déterminées à continuer de mener une politique économique de qualité. Les principales réformes ont accéléré depuis 2018, surtout celles visant à améliorer la gouvernance publique (par exemple grâce à la promotion du programme e-government) et le climat des affaires (avec une intensification de la concurrence sur le marché national)”.

Evoquant l’agenda de sa visite, la première depuis sa prise de fonction à la tête du FMI en octobre 2019, elle a indiqué qu’elle chercherait à “mettre en avant le solide partenariat” qui existe entre le Maroc et le FMI, ainsi qu’à préparer avec les autorités marocaines l’assemblée annuelle du FMI et de la Banque mondiale qui se tiendra en 2021 à Marrakech.

“Nous appuyons vigoureusement l’intention de nos partenaires du gouvernement d’accorder la priorité à l’inclusion sociale, aux réformes de l’éducation, à la décentralisation budgétaire et à d’autres mesures qui permettront de passer à une croissance davantage tirée par le secteur privé, inclusive et porteuse d’emplois”, a indiqué la DG du FMI en soulignant que pour rehausser le potentiel de la croissance, il sera essentiel de “mener à bien” les différentes réformes en cours, ainsi que “de continuer à renforcer la gouvernance et à réduire la corruption, comme le reconnaissent d’ailleurs les autorités”. “Il s’agira aussi, pour y parvenir, d’accélérer les réformes fiscales à la suite des assises nationales 2019 sur la fiscalité, de continuer d’assouplir le régime de change afin de limiter les retombées éventuelles des chocs externes sur l’économie et de continuer d’améliorer la coordination et le ciblage des programmes sociaux”, a-t-elle noté.

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Pour Mme Georgieva, “le Maroc est un modèle de véritable coopération entre le FMI et ses pays membres, avec une relation étroite sous la forme d’un mécanisme de précaution. Ce mécanisme fait office de ligne de crédit, en vue d’offrir au pays une solution de repli et de rassurer les investisseurs, ainsi que de renforcer la résilience de l’économie, d’accélérer la croissance et d’intégrer davantage le pays dans l’économie mondiale”.

MAP-