Le Royaume du Maroc est un partenaire “prioritaire” avec lequel l’Union européenne (UE) développe une coopération renforcée pour lutter efficacement contre la traite des êtres humains, a affirmé, lundi à Kénitra, le représentant de la délégation de l’UE au Maroc, M. Jean Cardona.

Dans son allocution à l’ouverture des Journées de sensibilisation sur la lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants, M. Cardona a relevé qu’en se dotant d’un cadre législatif et réglementaire pour prévenir, réprimer et punir les crimes de traite des êtres humains, le Maroc a une nouvelle fois affirmé sa volonté de développer son dispositif national contre ce fléau.

Ces journées, organisées à l’initiative de l’UE et de l’Office des Nations Unies en charge de la lutte contre la drogue et le crime (ONUDC) à l’Institut Royal de Police à Kénitra, a pour objectif d’accompagner le Royaume en vue, notamment, d’améliorer ses capacités de détection et d’interception et de renforcer ses capacités d’identification et d’enquête sur les cas de trafic illicite de migrants et de traite des êtres humains, a-t-il ajouté.

Financé par le fonds fiduciaire d’urgence de l’UE en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique, cette initiative entend également améliorer les capacités de protection des victimes, a fait savoir M. Cardona.

Maroc- UE: partenaire prioritaire dans la lutte contre la traite des êtres humains 1

Pour sa part, la représentante régionale MENA de l’ONUDC, Cristina Albertin, a indiqué que dans son 5è rapport global sur la traite des êtres humains, publié en 2019, l’ONUDC a observé une augmentation au niveau de la détection des victimes et au niveau des poursuites et des jugements des auteurs de ces crimes.

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Dans ce sens, Mme. Albertin s’est réjoui du fait que le Maroc se joigne à cette dynamique positive pour faire face à ce fléau.

Dans son denier rapport d’activité, la présidence du ministère public marocain note une augmentation de plus de 78% en terme de poursuite dans les affaires de traite des personnes, a-t-elle relevé, précisant que 231 personnes ont été poursuivies et 280 victimes ont été identifiées en 2018.

Toutefois, la fermeté et la vigilance restent les mots d’ordre puisqu’à l’échelle globale les taux d’impunité demeurent importants, a nuancé Mme Albertin.

C’est dans cette veine qu’intervient le projet de démantèlement des réseaux criminels impliqués dans le trafic illicite de migrants en Afrique du Nord, lancé à Rabat en octobre dernier, qui est le fruit d’un partenariat entre le Maroc, l’ONUDC et l’UE, et qui constitue une initiative régionale incluant les pays d’Afrique du Nord, a-t-elle fait savoir.

Ce projet ambitionne de mettre à la disposition des différents partenaires un ensemble d’expériences et d’outils opérationnels pour mieux faire face à ces crimes, a-t-elle fait savoir, relevant qu’il s’agit également de créer une plateforme incluant différents pays afin de promouvoir une coopération opérationnelle permettant aux autorités de partager les informations et de coordonner leurs activités en vue de faciliter les enquêtes.

De son côté, le directeur des Affaires pénales et des grâces au ministère de la Justice, Hicham Mellati, a souligné que le Maroc avance à pas sûrs vers la création d’un modèle institutionnelle et législative dans le domaine de la lutte contre la traite des personnes, notant que la loi de 2016 sur la traite des êtres humains a défini ce crime, déterminé ses différentes facettes et créé les mesures de protection de ses victimes.

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À cette loi vient s’ajouter l’établissement en juillet 2018 de la Commission nationale de coordination des mesures de lutte et de prévention de la traite des êtres humains qui constitue une force de proposition en matière de textes législatifs et de mesures à même de faire face à ce fléau, a dit M. Mellati.

De plus, le Maroc a ratifié l’ensemble des conventions internationales relatives à la lutte contre la traite des personnes, notamment la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée et le protocole s’y rapportant, outre la signature de 80 accords de coopération judiciaire avec différents pays, a-t-il relevé.

La séance d’ouverture a été conclue par la diffusion d’une vidéo visant à sensibiliser aux répercussions néfastes de ce fléau, en présentant notamment des témoignages de victimes et des images de leurs souffrances.

Les Journées de sensibilisation sur la lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants se poursuivent jusqu’au 21 février avec l’organisation d’ateliers relatifs, entre autres, aux types de preuves dans les cas de traite des personnes, aux mécanismes d’identification des victimes, aux méthodes d’inspection, aux enquêtes financières et électroniques et à l’harmonisation juridique.

MAP-