Le Maroc organise au siège de l’ONU à New York un événement de haut niveau sur”l’Arganier, source ancestrale de développement durable”.

Cet événement, présidé par l’ambassadeur, représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale, a été animé par un panel de haut niveau composé de Mme Carla Mucavi, directrice du Bureau de liaison de la FAO à New York, Marie Paul Roudil, directrice du Bureau de liaison de l’UNESCO, Werner Obermeyer, Directeur du Bureau de l’OMS à New York, et Hamid Rashid, Chef du département de la Recherche et de développement au Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (UN-DESA).

Le panel comprenait également Mme Babita Bisht, Directrice adjointe du Fonds Vert pour le Climat, et Latifa Yaakoubi, Directrice de l’Agence nationale de développement des zones oasiennes et de l’Arganier (ANDZOA).

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Cette réunion intervient une semaine après le lancement par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le 13 février, de la nouvelle stratégie de développement du secteur agricole baptisée “Génération Green 2020-2030 et de celle relative au développement du secteur des eaux et forêts du nom de “Forêts du Maroc”. Il s’agit de la Stratégie qui a lancé, entre autres, un projet phare de plantation de 10.000 ha d’Arganier sur une période de 6 ans, avec une enveloppe totale de 49,2 millions de dollars, cofinancée par le Royaume du Maroc et le Fonds Vert pour le Climat.

Durant cette réunion, l’ambassadeur Omar Hilale, a mis en lumière la singularité de l’arganier, arbre endémique du Royaume, tout en rappelant sa reconnaissance en tant que patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO, en 2014, et en tant que système du patrimoine agricole mondial (SIPAM) par la FAO, en 2018.

Par ailleurs, cette rencontre a, également, été l’occasion de mettre en évidence la contribution du secteur de l’Arganier dans la réalisation du développement durable dans ses trois dimensions, économique, social et environnemental, non seulement au niveau national mais aussi à l’échelle internationale.

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En effet, les différents panélistes, ainsi que plusieurs participants, ont relevé le fait que le secteur de l’Arganier au Maroc est une véritable source ancestrale du développement durable, en appuyant son rôle clé dans l’autonomisation économique d’un large nombre de femmes marocaines, en particulier, au milieu rural.

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En outre, l’évènement a été marqué par l’annonce de l’initiative du Maroc de présenter à l’Assemblée générale des Nations-Unies un projet de résolution visant la proclamation d’une journée internationale de l’Arganier.

Cette résolution permettra d’offrir à la communauté internationale une meilleure compréhension des différentes dimensions clés de l’Arganier : culturelles, économique, sociales, nutritives, médicinales et écologiques.

Cette réunion a connu une large participation, au niveau des ambassadeurs, de la majorité des Etats membres de l’ONU, des représentants du Secrétariat des Nations-Unies, ainsi que des membres de la société civile qui ont félicité le Maroc pour les efforts entrepris afin de préserver l’arbre miraculeux de l’Arganier.

ANCRÉ DANS LE PASSÉ, L’ARGANIER EST UN ARBRE D’AVENIR !

L’arganier, patrimoine naturel marocain
L’arganier (Argania spinosa), est un arbre endémique du Maroc. Les forêts d’arganier, appelées arganeraies, sont localisées principalement dans le Sud-Ouest marocain, mais on trouve quelques peuplements isolés au Nord-Est du pays dans le massif montagneux des Beni Snassen et dans le centre (Oued Grou). On a aussi rapporté son existence sous forme d’arbrisseaux dans le Sahara.
L’arganier constitue pour les marocains le symbole de la vie et de leur chemin à travers le temps. Il était là bien avant le premier homme et il a accueilli tous ceux qui sont nés ou qui sont venus se réfugier dans ses forêts. Il leur a offert la protection de son ombre, le bois pour la construction, le fourrage pour leurs animaux et l’huile pour se nourrir et s’éclairer. Cette espèce à la fois forestière, fourragère et fruitière-oléagineuse est le pivot d’un système agraire traditionnel qui a permis jusqu’ici de répondre aux besoins d’une population dense dans une zone aride.

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Fabrication de l’huile d’Argan

L’arganier a permis le développement d’une civilisation unique où l’on vogue toujours entre archaïsme et modernisme. A cet égard, l’arganier et les arganeraies représentent un patrimoine naturel et culturel irremplaçable.
L’originalité écologique de ce système agro-forestier traditionnel a d’ailleurs justifié la sauvegarde d’une partie de l’arganeraie en tant que « Réserve de la Biosphère » par l’UNESCO. Pour les usagers de l’arganier, le premier intérêt de l’arbre est aujourd’hui sa production d’huile car l’huile d’argan est devenue très recherchée, notamment dans de nombreux pays étrangers, grâce à son délicieux goût de noisette, ses qualités nutritionnelles et ses effets positifs reconnus sur la santé.

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La régression des arganeraies

Malgré leur intérêt écologique et socio-économique, les arganeraies sont en régression continue, victimes de l’agriculture intensive en plaine, de l’urbanisation autour des villes et de la surexploitation en montagne.

Cette régression a débuté il y a longtemps déjà. Au 10ème siècle, la fondation des grandes villes marocaines avait provoqué le déboisement des forêts aux alentours. Plus tard, c’est l’extension de la culture de la canne à sucre qui a entraîné le déboisement de vastes espaces. Au début du 20ème siècle, les arganeraies ont été si intensivement exploitées pour la fabrication du charbon de bois qu’elles on failli disparaître. Pour éviter cela, un Dahir (décret royal) a été édicté en 1925 pour réglementer l’exploitation de l’arganeraie, forêt domaniale où l’arbre est strictement protégé mais où les habitants ont un droit d’usage.

Grâce à ce Dahir, qui représentait d’ailleurs l’une des toutes premières législations au monde en matière de protection d’espaces naturels, la régression a été endiguée mais pas totalement stoppée.

Face à cette menace, une équipe pluridisciplinaire de recherche franco-marocaine dirigée par Rachida Nouaïm, professeur à l’université d’Agadir, s’est mobilisée à partir de 1989.

Après des études approfondies, depuis la biologie de l’arbre jusqu’aux aspects économiques et culturels, son diagnostic a clairement énoncé que la sauvegarde de l’arganier passe par une meilleure valorisation de l’huile d’argane. En d’autres termes, la meilleure façon de sauver l’arganier est de faire en sorte qu’il rapporte davantage aux usagers. Ainsi, non seulement ces derniers protègeront les arbres qui restent, mais ils trouveront un intérêt à en replanter d’autres.