Les travaux du cinquième Forum mondial d’ONU-Femmes pour des villes et des espaces publics sûrs se sont ouverts, mercredi à Rabat, sous le thème: “Action intégrée et adaptation à échelle locale et mondiale des initiatives pour des villes et des espaces publics sûrs et offrant les conditions d’autonomisation des femmes et des filles”.

Forum mondial d’ONU-Femmes: un Forum qui s’inscrit dans le cadre de l’initiative mondiale « Des Villes sûres » qui réunit près de 50 villes membres autour du monde engagées dans l’objectif de lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles dans les espaces publics urbains.

“Bien que la violence dans la sphère privée soit aujourd’hui largement assimilée à une violation des droits humains, les actes de violence à l’égard des femmes et des filles, particulièrement sous la forme de harcèlement sexuel dans les espaces publics, demeurent des problèmes en grande partie négligés et pour lesquels il n’existe guère de lois et de politiques de prévention et de répression”, est-il indiqué auprès de ONU Femmes.

Rabat et Marrakech sont, à ce titre, engagées aux côtés de villes comme le Caire, Cape Town, Kigali, Addis Abeba et Dakar en Afrique, ou encore Dublin, Madrid, Bruxelles et Londres en Europe.

5è Forum mondial d’ONU-Femmes pour des villes et des espaces publics sûrs 1

Dans le cadre des échanges d’expériences de ce programme mondial, un Forum bi-annuel est organisé dans l’une des villes membres de l’initiative pour rassembler les partenaires du programme et leur offrir un espace d’échanges et d’apprentissage mutuel.

Cette rencontre internationale sera l’occasion de renforcer les engagements à développer des actions en faveur de l’égalité des sexes et à mettre fin au harcèlement sexuel et aux autres formes de violences faites aux femmes et aux filles, dans le cadre du plan d’action de Beijing dont nous commémorons le vingt-cinquième anniversaire en 2020.

La première journée du Forum, le 26 février 2020, sera consacrée à l’expérience marocaine, et les jours 2 et 3 à l’échange d’expertise internationale.

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Ce programme était le premier d’envergure mondiale à élaborer, mettre en œuvre et évaluer des outils, des politiques et des méthodes exhaustives pour prévenir et réagir au harcèlement sexuel et à d’autres formes de violence sexuelle dont des femmes et des filles sont victimes dans différents contextes.

Créer des espaces publics plus sûrs

Le harcèlement sexuel et les autres formes de violence sexuelle dans les espaces publics sont des faits de la vie quotidienne pour les femmes et les filles à travers le monde—en milieu urbain ou rural, dans les pays développés ou en développement.

Femmes et filles subissent et redoutent les différents types de violence sexuelle qui peuvent se produire dans les espaces publics, en allant des remarques non sollicitées d’ordre sexuel et des attouchements, aux viols et aux féminicides. De tels actes se produisent dans la rue, dans les moyens et stations de transport public, dans les écoles, sur les lieux de travail, dans les toilettes publiques, aux points de collecte d’eau et de nourriture, et dans les parcs.

Cette réalité réduit la liberté de mouvement des femmes et des filles. Elle entrave leurs possibilités de participer à la vie scolaire, professionnelle et publique. Elle limite leur accès à des services essentiels et leur aptitude à profiter pleinement d’activités culturelles et récréatives. Elle affecte également leur santé et leur bien-être.

Bien que la violence dans la sphère privée soit aujourd’hui largement assimilée à une violation des droits humains, les actes de violence à l’égard des femmes et des filles, particulièrement sous la forme de harcèlement sexuel dans les espaces publics, demeurent des problèmes en grande partie négligés et pour lesquels il n’existe guère de lois et de politiques de prévention et de répression.

L’initiative phare mondiale d’ONU Femmes « Des villes sûres et des espaces publics sûrs » repose sur le programme mondial qu’ONU Femmes a lancé en novembre 2010 sous le titre « Villes sûres sans violence à l’égard des femmes et des filles » avec la participation d’importantes organisations de femmes, d’autres organisations, d’agences des Nations Unies et de plus de 70 partenaires mondiaux et locaux. Ce programme était le premier d’envergure mondiale à élaborer, mettre en œuvre et évaluer des outils, des politiques et des méthodes exhaustives pour prévenir et réagir au harcèlement sexuel et à d’autres formes de violence sexuelle dont des femmes et des filles sont victimes dans différents contextes.

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Il a commencé par le lancement de programmes fondateurs à Quito, en Équateur ; au Caire, en Égypte ; à New Delhi, en Inde ; à Port Moresby, en Papouasie-Nouvelle-Guinée ; et à Kigali, au Rwanda. Il couvre désormais 20 villes.

L’initiative mondiale Villes sûres et Espaces publics sûrs d’ONU Femmes continue de produire des résultats innovants par le biais de partenariats avec des municipalités, des gouvernements nationaux, des groupes de femmes et d’autres partenaires communautaires.

C’est ainsi que la municipalité de Quito a modifié une ordonnance locale dans le sens d’un alourdissement des sanctions frappant les actes de harcèlement sexuel commis dans un espace public.

Au Caire, le ministère égyptien du Logement, des Services publics et du Développement urbain a mis en place des audits de la sécurité des femmes pour orienter les travaux d’urbanisme. Plus de 100 jeunes agentes et agents du changement (50 pour cent de femmes et 50 pour cent d’hommes) ont été embauchés pour mener des activités transformatrices au sein d’établissements scolaires et d’autres endroits couverts par les interventions du programme afin de promouvoir des relations respectueuses entres les sexes, l’égalité des sexes et la sécurité dans les espaces publics.

À Port Moresby, l’autorité nationale de la capitale a pris des mesures pour améliorer la sécurité des femmes à l’intérieur des marchés, et elle a alloué des budgets pour répondre aux besoins respectifs des femmes et des hommes à travers différents départements municipaux.