La ZLECAF ; La Zone de libre-échange continentale africaine est une opportunité pour le commerce transfrontalier informel en Afrique.

Inscrite sur l’Agenda 2063 de l’Union Africaine (UA), la nouvelle zone de libre-échange continentale africaine traduit une vision ambitieuse et un méga projet d’intégration, dont le Maroc a adhéré depuis mars 2018 et a ratifié cet Accord en février 2019.

La Zone de libre-échange continentale est entrée en vigueur le 30 mai 2019, soit 30 jours après le dépôt, par le 22è Etat membre, de son instrument de ratification. Au total 54 sur les 55 Etats membres ont déjà signé cet accord et 27 parmi eux l’ont ratifié.

La ZLECAf est un marché de plus de 1,2 milliard de personnes, avec un PIB total de 2,5 milliards de dollar ; et ce, sur la base du nombre total des membres, constitue la plus grande zone de libre-échange du monde.

Les pays africains et les autres acteurs au sein du continent devraient faire preuve d’une meilleure appréciation des enjeux actuels et des contributions attendus de tous. C’est pour cette raison que la 31è session ordinaire de l’Union africaine a convenu de « préconiser de vastes campagnes nationales de sensibilisation afin de permettre à toutes les parties prenantes, notamment l’homme de la rue et les hommes d’affaire en Afrique, d’apprécier et adopter la ZLECAf ».

La Zlecaf, une opportunité pour le commerce intra africain 1

Pour rappel, l’Union africaine et CoDA ont conjointement convoqué, le 27 mai 2019 à Addis-Abeba, un « Dialogue continental sur le commerce » qui met l’accent sur la mise en œuvre de la ZLECAf. Afin de permettre aux parties prenantes d’approfondir leur compréhension de la ZLECAf, et en réponse aux souhaits exprimés à l’occasion du premier dialogue, l’UA et CoDA ont convenu d’organiser un « Dialogue stratégique des associations des sociétés sur la réalisation de la zone de libre-échange continental ».

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Avec la mise en place de la ZLECAf, bon nombre d’arguments militent en faveur de l’attention prioritaire accordée à la tenue de dialogues stratégiques entre les associations des sociétés africaines, notamment les chambres de commerce, les groupements sectoriels.

En Afrique, il incombe au secteur privé d’être le moteur de la ZLECAf, puisqu’il aura pour mission principale la promotion des activités de production et de commercialisation au sein de la zone. L’espace supplémentaire d’échange qu’offre la ZLCA devrait faciliter l’émergence d’une économie d’échelle dans le secteur productif, résultant ainsi à un accroissement du commerce intra-africain.

Le secteur privé en bénéficiera également, puisqu’il est estimé que les échanges intra-africains enregistreraient un accroissement de l’ordre de 52% après le démarrage des échanges en raison uniquement de la baisse des tarifs ; cette estimation pourrait doubler si les barrières non-tarifaires et les lourdes procédures douanières étaient éliminées.

Les sociétés africaines auront également à jouer un important rôle dans la promotion de l’industrialisation du continent et le développement des chaînes de valeur. Maintenant que la ZLECAf entre dans sa phase opérationnelle, il convient de relever qu’il reste beaucoup à faire ; et il est donc important que les sociétés africaines soient conscientes des obligations qui leur incomberont dans années à venir.

Ces obligations sont également relatives à leur contribution à l’élaboration de stratégies et plans d’action ZLECAf au niveau national, à leur soutien aux négociations, aux opportunités créées par la ZLECAf et à utilisation des mécanismes de coopération, de recours et règlement de différends commerciaux.

Les opérateurs du secteur privé devraient donc se familiariser avec les différentes institutions et dispositions relatives à la gouvernance de la ZLECAf, notamment le Secrétariat de la ZLECAf, le Conseil africain des sociétés commerciales, l’Observatoire africain des affaires, et aussi la nature des rapports entre la ZLECAf et les Communautés économiques régionales (CERs).

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Les opérateurs économiques africains devraient être sensibilisés par rapport aux potentialités de la ZLECAf afin de créer de nouveaux réseaux d’affaires ; ils doivent collaborer avec le gouvernement dans le domaine de la facilitation des échanges, et être les principaux promoteurs de la ZLECAf.

Signée par 52 pays du continent, la Zlecaf, permet d’entrevoir ce rêve longtemps caressé de 9000 kilomètres de lignes de transmission transfrontalières et d’envisager la construction/réhabilitation de près de 16400 kilomètres de voies de communication permettant de tirer vers le haut la connectivité intra-régionale. Des corridors de transport élargis et améliorés, un commerce intra-africain qui atteint une hausse de 23%, une connectivité internet augmentée de 30 %, un marché plus vaste de 1,2 milliard de personnes avec un PIB combiné de 2 500 milliards de dollars. Rien de moins que la plus grande zone de libre-échange au monde !

Il faut protéger les acquis de l’intégration pour que ses promesses se réalisent car c’est maintenant qu’il faut construire le futur.