C’est une épidémie qui ne cesse de s’étendre dans le monde. Le coronavirus Covid-19 a déjà fait au moins 3.198 victimes, et plus de 93.000 personnes contaminées. En Chine, le bilan est désormais de 2.984 morts, avec plus de 80.422 personnes infectées au total.

Des chiffres impressionnants, qui inquiètent l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et dont les conséquences sur l’économie sont déjà considérables. Dans un rapport publié ce mercredi, la CNUCED, une agence de l’ONU, revient sur les conséquences économiques de l’épidémie de coronavirus, plus particulièrement les effets du Covid-19 sur la chaîne mondiale de production.

Selon la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED), la Chine a enregistré, au mois de février dernier, une réduction spectaculaire de son Indice directeur des achats du secteur manufacturier, qui a atteint 37,5, son plus bas niveau depuis 2004.

« Cette baisse implique une réduction de 2% de la production sur une base annuelle », rapporte l’étude de l’agence onusienne qui souligne que cette contraction est « la conséquence directe de la propagation du nouveau coronavirus ».

Cette contraction de 2% de la production chinoise a d’ores et déjà des répercussions sur l’économie mondiale. Selon la CNUCED, elle a entraîné jusqu’à présent une baisse estimée à environ 50 milliards de dollars dans tous les pays.

Cet Indice mondial des directeurs d’achat du secteur manufacturier est fortement lié aux exportations et une telle baisse implique une réduction des exportations. En d’autres termes, la baisse observée en février 2020, répartie sur l’année, équivaut à 2% de l’offre de biens intermédiaires.

Un impact dans la fourniture des instruments de précision, la machinerie et l’automobile

Les indicateurs sur le transport maritime suggèrent également une réduction des exportations chinoises pour le mois de février. Les départs de navire de porte-conteneurs de Shanghai ont été nettement plus faibles au cours de la première moitié du mois de février, avec une augmentation au cours de la seconde moitié.

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Ce rapport de la CNUCED montre finalement qu’outre ses effets inquiétants sur la vie humaine, le Covid-19 pourrait ralentir considérablement non seulement l’économie chinoise mais aussi l’économie mondiale. La Chine étant devenue la plaque-tournante manufacturière de nombreuses opérations commerciales mondiales, « toute perturbation de la production chinoise devrait avoir des répercussions ailleurs, dans les chaînes de valeur régionales et mondiales ».

Une façon pour la CNUCED de rappeler l’importance de la fabrication chinoise sur de nombreuses chaînes de valeur mondiales. Or les secteurs les plus touchés sont les instruments de précision, la machinerie, l’automobile et les équipements de communication.

« Toute perturbation significative de l’approvisionnement de la Chine dans ces secteurs est censée affecter considérablement les producteurs du reste du monde », relève l’agence onusienne.

En effet, de nombreuses entreprises dans le monde craignent que les mesures mises en place pour contenir la Covid-19 (c’est-à-dire les restrictions aux activités économiques et à la circulation des personnes), n’entravent l’approvisionnement en pièces critiques des producteurs chinois, affectant ainsi leur propre production. Par exemple, les exportations intermédiaires de l’industrie automobile peuvent diminuer relativement plus car l’industrie est géographiquement localisée dans la région où l’épidémie de s’est produite.

UE, Etats-Unis, Japon et Corée parmi les économies les plus touchées

De plus, même si Beijing arrive à circonscrire l’épidémie, mais le fait que les fournisseurs chinois sont essentiels pour de nombreuses entreprises dans le monde implique que toute perturbation en Chine se fera également sentir en dehors des frontières du pays. Ce qui aura un impact sur les chaînes de valeur régionales européennes, américaines et est-asiatiques.

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A cet égard, l’étude note que parmi les économies les plus touchées figurent l’Union européenne, avec notamment un impact dans les secteurs des machines, de l’automobile et des produits chimiques.

Les autres économies les plus touchées sont les États-Unis (machines, automobile et instruments de précision), le Japon (machines et automobile), la République de Corée (machines et équipements de communication), Taïwan (équipements de communication et machines de bureau) et le Viet Nam (équipements de communication).

L’importance croissante de la Chine dans l’économie mondiale n’est pas seulement liée à son statut de fabricant et d’exportateur de produits de consommation. Au cours des deux dernières décennies, Beijing est devenue le premier exportateur mondial et fait partie intégrante des chaînes de production mondiale. La Chine s’est imposée comme un fournisseur clé d’intrants et de composants pour de nombreux produits, tels que les automobiles, les téléphones portables, les équipements médicaux, etc. À l’heure actuelle, environ 20% du commerce mondial de produits intermédiaires manufacturés proviennent de la Chine (contre 4% en 2002).

Selon la CNUCED, une réduction de l’offre chinoise d’intrants intermédiaires pourrait ainsi affecter la capacité de production et donc les exportations d’un pays donné en fonction de la dépendance de ses industries vis-à-vis des fournisseurs chinois. Par exemple, certains constructeurs automobiles européens peuvent être confrontés à une pénurie de composants essentiels pour leurs activités, les entreprises japonaises peuvent avoir des difficultés à obtenir les pièces nécessaires à l’assemblage des appareils photo numériques, etc.

A noter que cette étude de la CNUCED ne prend pas en compte les produits de base et les minéraux (par exemple, les terres rares) mais se concentre uniquement sur la production manufacturière.

ONU-