Neuf personnes sur dix dans le monde ont des préjugés sexistes envers les femmes, selon une étude publiée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Dans le monde 28% des personnes estiment qu’il est normal qu’un homme batte sa femme. Cette étude s’est basée sur des données provenant de 75 pays et couvrant plus de 80 % de la population mondiale. Elle vise à mesurer “la manière dont les opinions de la société portent atteinte à l’égalité des sexes dans des domaines tels que la politique, le travail et l’éducation”, précise le PNUD dans un communiqué.

Une étude publiée par l’ONU révèle que près de 90% des hommes et femmes dans le monde ont des préjugés envers les femmes. Plus glaçant encore, 28% des personnes estiment qu’il est normal qu’un homme batte sa femme.

Préjugé tenace : l’homme est plus à même d’avoir un poste à responsabilité

Ce dimanche 8 mars c’est la Journée internationale des femmes avec pour thème “Je suis de la Génération Égalité : Levez-vous pour les droits des femmes”. En amont de cette journée, l’ONU a alerté sur une réalité encore bien tenace : des barrières invisibles entravent tous les aspects de la vie des femmes et sont construites autour de préjugés généralisés envers les femmes, partagés dans le monde entier par les femmes tout autant que les hommes. “Les inégalités entre les sexes sont encore trop évidentes dans d’autres domaines, en particulier dans ceux qui mettent en jeu des relations de pouvoir et qui ont une incidence importante sur égalité entre les hommes et les femmes. Aujourd’hui, la lutte pour l’égalité des sexes passe par l’élimination des préjugés”, a annoncé Pedro Conceição, chef du Bureau du rapport sur le développement humain du PNUD.

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Parmi les préjugés tenaces, persiste celui selon lequel un homme est plus à même d’avoir des postes à responsabilité. Plus de 40 % pensent que les hommes sont de meilleurs dirigeants d’entreprises et que les hommes devraient être prioritaires lorsque les emplois sont rares. Moins de 24 % des sièges parlementaires dans le monde sont occupés par des femmes et il n’existe que 10 femmes chefs de gouvernement sur 193. De plus, moins de 6 % des PDG des entreprises du S&P 500 sont des femmes.

“Nous devons agir maintenant pour briser la barrière des préjugés”

Parmi les pays qui sont dans l’étude, le Pakistan arrive en tête des pays avec le plus de préjugés puisque la proportion atteint 99,81%. Le Qatar (99,73 %) et le Nigeria (99,73 %) complètent le podium. De l’autre côté du classement, l’Andorre (27,01 %), la Suède (30,01 %) et les Pays-Bas (39,75 %) mènent le wagon des “bons élèves”.

Le PNUD appelle les gouvernements et les institutions à utiliser une nouvelle approche politique pour faire évoluer ces opinions et ces pratiques discriminatoires, par le biais de l’éducation et de la sensibilisation du public. “Nous devons agir maintenant pour briser la barrière des préjugés si nous voulons que les progrès se réalisent à la vitesse et à l’échelle nécessaires pour atteindre l’égalité des sexes”, a annoncé Raquel Lagunas, directrice par intérim de l’équipe chargée de la problématique hommes-femmes du PNUD.