“La situation de l’épidémie en France est très inquiétante. Elle se détériore très vite”, a déclaré le Directeur général de la Santé Jérôme Salomon lundi sur la radio publique France Inter.

“C’est une épidémie très rapide. On voit que le nombre de cas double désormais tous les trois jours. Ça démontre une situation extrêmement préoccupante”, a-t-il ajouté, rappelant “le rôle majeur de chacun” dans la progression de l’épidémie.

“Je lance un appel à la mobilisation générale de tous les Français pour lutter contre ce virus et pour faire barrière”. “La distance d’un mètre [entre les gens] n’est pas respectée (…) Je voudrais surtout que nos concitoyens se rendent compte qu’il y a des personnes qui sont malades, qui sont en réanimation et dont le pronostic vital est engagé et que ces personnes se chiffrent en centaines”, a-t-il expliqué.

“Les soignants poussent vraiment un cri d’alarme, un cri d’alerte, demandant qu’on les aide, demandant que les Français les aident. Parce qu’il faut comprendre que nous avons tous un rôle majeur à jouer contre l’épidémie et que nous pouvons tous faire barrière contre cette épidémie en respectant les consignes de mesures barrières, que les Français connaissent mais qu’il n’appliquent pas encore suffisamment”, a insisté M. Salomon.

Le Directeur général de la Santé a fait part de sa stupéfaction quant aux images diffusées ce weekend montrant des gens se rendant toujours aux marchés ou dans des parcs : “On voit encore que les gens se réunissent, qu’ils se voient en grand nombre, ils rassemblent les enfants et les aînés (…) Les Français doivent comprendre quelque chose que peut-être nous n’avons pas suffisamment expliqué, c’est que nous pouvons tous véhiculer le virus sans le savoir.”

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M. Salomon a expliqué que certains hôpitaux commençaient à être saturés : “Quand je dis diminuer massivement ses contacts, c’est passer de 50 ou 100 personnes que l’on voit tous les jours à quelques unités. Et là encore, ce message n’est pas passé parce qu’on voit bien qu’aujourd’hui les hôpitaux, en particulier en Alsace mais dans d’autres régions de France, ont vraiment de grandes difficultés à prendre en charge les patients qui arrivent tous les jours, toutes les heures.”

Rappelant que le virus ne se propage pas dans l’air, mais bien par contacts, le haut responsable de la santé a évoqué “un signal très positif” ce lundi au sujet, c’est de la baisse de cas dans la première ville touchée en Italie, Codogno, qui était en confinement depuis plus de quinze jours.