La crise sanitaire du nouveau coronavirus se transforme en crise économique. Pour maintenir les récoltes agricoles, L’Espagne compte sur les immigrés et demandeurs d’asile.

La fermeture des frontières dues à la pandémie du nouveau coronavirus a privé presque 12 000 saisonnières marocaines de travailler en Espagne dans les champs agricoles. Les travailleurs en provenance de la Roumanie sont également dans la même situation. Depuis quelques semaines, les associations de professionnels réclament au gouvernement espagnol une solution pour assurer la cueillette de leurs productions et pouvoir l’exporter sur les marchés de l’Union européenne.

L’Espagne prépare un projet de loi permettant aux chômeurs et immigrés illégaux à travailler dans les champs.
Le gouvernement espagnol finalise l’approbation d’un décret royal qui assouplit les embauches dans les champs, des chômeurs et des immigrés sans autorisation de travail, pour lutter contre le manque de main-d’œuvre qui affecte la production agricole dans toute l’Espagne.

ESPAGNE: UNE LOI POUR FACILITER LE TRAVAIL DES IMMIGRÉS ILLÉGAUX DANS LES CHAMPS 1

Selon le gouvernement, l’initiative vise à réduire la pénurie de travailleurs saisonniers en Andalousie, Murcie, Estrémadure, Aragon et Catalogne. Il évite, ainsi, une pénurie alimentaire et la hausse attendue des prix due à la pandémie.

Le décret-loi considère ces mesures «urgentes» pour garantir la production et sera en vigueur jusqu’au 30 juin.

Le secteur agricole emploie environ 300.000 employés temporaires, dont environ la moitié sont des étrangers, selon le ministère espagnol de l’Agriculture.

Depuis que le Maroc a fermé ses frontières et empêché le départ de plus de 11.000 femmes pour la cueillette des fruits à Huelva, les Espagnols ne savent plus où donner de la tête. En plus de cela, les travailleurs saisonniers communautaires n’ont pas non plus pu se déplacer. Il s’agit entre autres des Bulgares, des Roumains…

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Toutefois, ce projet de loi n’est pas au gout de tout le monde. En effet, d’aucuns considèrent qu’il légalisera «commodément» les milliers d’immigrés illégaux qui ont vécu «sous le radar» en Espagne depuis des années.

Pour rappel, en Espagne, la saison de la cueillette commence en mars et se termine vers la mi-septembre. Cette offre devrait intéresser particulièrement des milliers de Marocains résidant en Espagne ayant perdu leurs emplois à cause de la crise sanitaire due au Covid-19. Elle intéressera également celles et ceux ayant déposé des demandes d’asile.

Pour rappel, le gouvernement espagnol a déjà proposé aux entreprises agricoles de prolonger les contrats de 6 600 femmes marocaines déjà présentes dans les champs. «Cette mesure est particulièrement positive, car le travail comprend l’hébergement, d’autant que les femmes marocaines dont les contrats sont en cours ne peuvent pas retourner au Maroc», a expliqué le secrétariat d’Etat aux Migrations.

Il est à noter que malgré un chômage qui a grimpé en flèche avec le confinement et l’artêt d’activité d’entreprises de plusieurs secteurs, peu d’Espagnols sont tentés par le travail agricole.