Chefchaouen, créée en 1471, a vu le jour grâce à Moulay Ali Ben Rachid ; elle se situe sur la route marchande reliant Tetouan à Fes dans une région montagneuse difficile d’accès.
Elle a également servie pour repousser l’affluence des portugais qui occupaient Ceuta.

Les Séfadis qui ont été expulsés d’Espagne au cours du XVe et jusqu’au XVIIe siècle ont été les premiers habitants de la cité, et composent jusqu’à nos jours la majorité du quartier andalou de Chefchaouen.
C’est la dynastie des Banu Rachid, qui était constituée de vassaux des sultans wattassides, qui a gouverné la cité entre 1471 et 1561 ; elle ne sera réunifiée que plus tard lors du règne des Saadiens.

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La ville avec sa kasbah a été interdite aux chrétiens et ce jusqu’en 1920, puis a été ouverte aux voyageurs dont l’explorateur français Charles Foucauld, Walter Harris ou encore William Summers.

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Vers 1924, la révolution du RIF contre l’occupation a pris refuge à Chaouen avec à sa tête Abdelkrim Elkhattabi ; pendant deux ans, les résistants ont tenu bon avant l’invasion espagnole de 1926 qui a pu s’y installer jusqu’à l’indépendance du royaume.

Le nom Chefchaoun ou Chaouen est issu d’un terme amazigh Achawen qui signifie cornes, étant donné que la ville se trouve entre les monts Kelaa et Meggou.

Le bleu et Chefchaouen

Bleu, beauté, bonté, histoire, coutumes, nature, architecture,
spiritualité… C’est ainsi que Chefchaouen, ville exotique par
excellence du Maroc, exprime son originalité et la quintessence
de ses richesses ancestrales.

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Vu d’en haut, on dirait des saphirs bleus, de différentes tailles et nuances, éparpillés sur une toile imprimée de verdure. Ce paysage ne peut être autre chose que la ville de Chaouen ou Chefchaouen. Deux appellations d’une unique et seule destination située en aval des montagnes du Rif, dont les crêtes forment des cornes de gazelles couronnant cette ville.

Son histoire, son identité, ses couleurs, sa spiritualité, son architecture et ses sources ne laissent personne indifférent… Une intimité ambiante qui suscite la curiosité des esprits avides de découvertes et de tourisme patrimonial. Le blanc de la chaux, le bleu des portes, le noir de la ferronnière traditionnelle, le rouge des tuiles traditionnelles, le vert des implantations et des jardinières posées dans différents coins des façades, Chefchaouen est un grand musée ouvert qui reflète un goût exceptionnel de la préservation du patrimoine culturel local.

Attirant et interpellant, tel est le bleu de Chefchaouen. La ville est sous forme d’un carrefour de nuances de la couleur bleue. Tantôt indigo, bleu ciel, bleu roi, majorelle ou cobalt, ces variétés de bleu que l’on ne peut admirer qu’à Chefchaouen constituent désormais une des composantes essentielles de l’identité visuelle de la ville. En sillonnant ses ruelles, la zen attitude est assurée, grâce à cette couleur plus apaisante que paisible.
En plus du charme et de la magie qu’offre cette couleur aux lieux, le bleu est une couleur spirituelle qui procure du calme et de la paix. Sensation garantie sur place. Selon Michel Pastoureau, spécialiste de la symbolique des couleurs, “le bleu n’agresse pas, ne transgresse rien. Il sécurise et rassemble”.

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Chefchaouen, ville comblée de spiritualité

Mis à part le calme qui émane de la couleur bleue, un autre calme dessine le ciel de Chefchaouen. C’est un calme à caractère religieux dont l’origine est les nombreuses Zaouias, mosquées et oratoires dont regorge la ville.
A n’importe quel moment de la journée, en arpentant la médina, des airs soufis de dhikr et de samaâ ou des versets sacrés viennent palpiter nos ouïes. Une atmosphère béate qui prête à une contemplation profonde et universelle.

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Le patrimoine religieux que compte Chefchaouen actuellement lui a valu le nom de Al Madina Assaliha “la Ville sainte”. Plus de 20 mosquées et oratoires, 11 zaouïas (lieu de réunion de confrérie) et 17 mausolées. Chefchaouen est un petit berceau du soufisme.

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L’eau, cachet identitaire de la ville…

L’eau, comme le bleu, est un cachet identitaire et authentique qui définit la ville de Chefchaouen. Jaillissant du flanc de la montagne, les eaux abondantes de la source Ras el-Ma, pure et limpide, transforment la vallée environnante en une multitude de jardins et de vergers luxuriants.

Cette source, devenue un passage incontournable pour les touristes locaux et étrangers, s’écoule avec douceur sur les coteaux ondulés de la ville tout en dégageant une quiétude tempérée.
Le ruissellement des eaux est pareil à une douce symphonie qui se joue d’une façon permanente.
En empruntant ses allées sinueuses, la douceur enchanteresse qui y règne invite le visiteur à s’engouffrer davantage au plus profond des coins et recoins de la ville pour découvrir ses charmes cachés, timides et inédits.
Les petits pots colorés dressés minutieusement devant les portes et tout au long des ruelles étroites ou accrochés aux murs donnent un éclat de fraîcheur et de vivacité à la médina. Malgré la chaleur de l’été, la douceur des plantes égaie toute sensation de moiteur.

Le patrimoine artisanal constitue, à son tour, un moyen d’embellissement du paysage urbain médinois, via l’accrochage de beaux objets de l’artisanat local, à savoir le tissage traditionnel, le cuir et le bois peint, entre autres.
Il suffit de se jeter à l’intérieur d’un des petits bazars de la médina abritant des pièces historiques et originales pour plonger dans une rêverie nostalgique. Une rêverie des mille et une nuits en Andalousie.

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L’histoire en témoin….

Historiquement parlant, Chefchaouen est parmi les cités marocaines à forte empreinte andalouse où se conjuguent les traditions architecturales locales de la région des Jbala et les influences de la civilisation andalouse importées par les Andalous et les Mauresques ayant habité la ville dès le XVIème siècle. Avec son architecture, ses murailles, ses portes, ses pentes ascendantes et descendantes et sa Kasbah, la perle bleue expose fièrement son identité à travers ce bouquet de détails impressionnants.

Chefchaouen est témoin d’une période riche en exploits militaires contre les colonies portugaises et espagnoles qui avaient envahi les régions du Nord dans les années 1460-1470 dont le héros est Moulay Ali ben Rachid, également fondateur de la ville et parrain de la famille gouvernante arrivée avec l’exode de l’Andalousie à Chaouen.

Il est important de rappeler, à ce titre, que les communautés musulmanes expulsées d’Espagne ont contribué à l’expansion urbaine de la médina, à son développement social ainsi qu’à son épanouissement économique. “Baptisée également la petite grenade, le petit Fès ou la Zaouia du Cheikh Sidi Abdessalam Ibn Machich, Chefchaouen jouit d’une richesse aussi sur les niveaux patrimonial, architectural et artistique que sur les niveaux humain et religieux. Sur cette terre, ont vécu, ensemble dans la paix et l’unité, des musulmans, des juifs, des berbères et des chrétiens”

Musiques traditionnelles

Musique Soufie, Hadra Chefchaounia, Taqtouqa Jabalia, Tarab Al-Ala et Tarab Gharnatie… sont des musiques traditionnelles ancestrales qui rythment la ville de Chefchaouen et mettent en connexion son présent avec son passé. Un patrimoine immatériel très important que la perle bleue a réussi à préserver depuis la nuit des temps jusqu’à nos jours. Les Zaouias et les confréries, masculines et féminines, ont joué un rôle primordial dans ce sens.

“Chefchaouen est une ville qui a pu garder la façon traditionnelle et originelle en matière de chant, que ce soit pour Al-Ala ou pour le Madih et Samaâ. Cela revient à l’existence des Zaouias qui ne ménagent aucun effort pour faire perpétuer ce patrimoine à travers l’apprentissage.

La cité bleue illustre bel et bien la construction de cette image qui combine nature et culture dont le premier attrait est son patrimoine diversifié et exceptionnel. Nonobstant, les mots, les verbes ne semblent pas suffisants pour décrire ce trésor enfoncé entre les montagnes. La perle bleue fait appel à vos sens pour venir la découvrir par vous-même, certainement vous allez en tomber amoureux !