Le président américain Donald Trump a officiellement nommé vendredi à la Maison Blanche le marocain Moncef Slaoui comme Directeur scientifique de l’opération “Warp Speed”, un effort inédit visant à préparer “très rapidement” un vaccin pour la Covid-19.

“Nous sommes fiers d’annoncer (…) que le chef scientifique d’Operation Warp Speed sera le Dr Moncef Slaoui, un immunologiste de renommée mondiale qui a aidé à créer quatorze nouveaux vaccins (…) en dix ans pendant son passage dans le secteur privé”, a annoncé le président Trump au Rose Garden.

Le président américain a qualifié Dr Slaoui de “l’un des hommes les plus respectés au monde dans la production et la formulation de vaccins”, notant que l’objectif de l’opération Warp Speed était “d’achever le développement puis de fabriquer et de distribuer un vaccin anti-coronavirus éprouvé le plus rapidement possible”.

Il s’agit d’une “gigantesque entreprise scientifique, industrielle et logistique d’une ampleur telle que notre pays n’a pas connu depuis le projet de Manhattan”, a souligné le Locataire de la Maison Blanche.

S’exprimant à cette occasion, le Dr Slaoui s’est dit “très honoré et privilégié” de mener cette “entreprise extraordinaire” au service du monde entier.

C’EST QUI MONCEF SLAOUI ?

Né en 1959, et natif de Agadir, Moncef Slaoui a grandi à Casablanca et a depuis toujours rêvé de devenir médecin. Après avoir obtenu son bac au lycée Mohammed V de la capitale économique du Maroc, il a dû rejoindre l’Université Libre de Bruxelles en Belgique après avoir essayé de s’inscrire à la faculté de médecine en France, dans laquelle il n’y avait plus de places. Il a, d’abord, entamé son aventure avec la biologie pour ensuite obtenir son doctorat en biologie moléculaire et immunologie et effectuer des études postdoctorales à la Harvard Medical School et à la Tufts University School of Medicine de Boston. Moncef Slaoui a également enseigné l’immunologie à l’Université de Mons, en Belgique.

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En 1984, Moncef Slaoui a été appelé par plusieurs laboratoires en Belgique avant d’intégrer en 1988, GlaxoSmithKline, appelé à l’époque SmithKline-Rit, et ce, pour faire partie d’une équipe de chercheurs ayant pour objectif de développer des vaccins. Il a, en effet, dû s’occuper de la découverte d’un grand nombre de vaccins du géant pharmaceutique, contre le malaria, le rotavirus, pneumocoques, etc, devenant le chef de la division des vaccins de GSK. Il a également été président de sa R&D pharmaceutique, dirigeant sa refonte, et repensant son organisation de découverte, sans oublier qu’il a été membre de l’équipe de direction de GSK et de son conseil d’administration. L’entreprise a pu produire, entre 2001 et 2016, 24 nouveaux médicaments.

Le chercheur s’est également lancé dans la biotechnologie et a occupé d’autres postes, notamment, président de Galvani, (qui n’est autre qu’une filiale du géant pharmaceutique GSK montée avec Google), et président d’une entreprise biopharmaceutique en Californie, « Sutrovax », tout en étant patron de trois autres sociétés qui oeuvrent dans les biotechnologies.

Après près de 30 ans avec GSK, il préside actuellement le comité de recherche et de développement des produits de l’entreprise américaine « Moderna Inc » l’une des premières sociétés à mener des essais cliniques sur un vaccin anti-coronavirus.

Moncef Slaoui a également écrit plus de 100 articles et présentations scientifiques et est membre, selon les informations rapportées par la MAP, du conseil d’administration de la Fondation PhRMA, du conseil consultatif de la Fondation du Qatar, du comité consultatif du directeur du National Institutes of Health des Etats-Unis, du conseil d’administration de la Biotechnology Industry Organization et du conseil d’administration de l’Initiative internationale pour un vaccin contre le sida, sans oublier qu’il avait déjà été classé par le magazine économique américain Fortune, 29ème parmi les 50 personnalités qui ont contribué à changer le monde.

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Aujourd’hui, âgé de 60 ans, il a été appelé par le président américain Donald Trump afin de diriger l’équipe chargée de développer un vaccin contre le Coronavirus aux États-Unis, dans le cadre d’un effort que l’administration américaine appelle «Opération Warp Speed».