Ça fait déjà presque trois mois que le transport aérien est en arrêt quasi-total en raison des mesures de sécurité et de précaution prises par les pays pour endiguer la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19) qui fait subir le monde entier un choc sans précédent.

Face à une vitesse surprenante de la propagation de ce virus, les pays n’avaient guère le choix que d’opter pour la réduction des mobilités nationales et internationales, la fermeture des frontières et la restriction de la circulation, ce qui a, par ricochet, provoqué un arrêt brutal de l’activité des compagnies aériennes.

Cette pandémie a cloué entre 80 et 90% de la flotte mondiale au sol et nombreuses compagnies ont à assumer les frais fixes colossaux (achat ou location des appareils, prix du pétrole, salaires, fonctionnement général, etc), outre le remboursement d’une centaine de milliers de billets de vols annulés.

Avec des appareils inactifs, ces compagnies, au cœur d’une chaîne de valeur qui garantit des millions d’emplois à travers le monde, ont été contraintes de minimiser sévèrement leurs coûts habituels. Le choc était si dur qu’elles ont été dans l’obligatoire de se délester d’un nombre important de leurs employés.

Cette situation tragique n’a pas empêché le secteur aérien de se projeter vers l’avenir et d’essayer de renaître de ses cendres, en amorçant une reprise progressive où la sécurité et la prévention contre le Covid-19 constituent des priorités cruciales.

Contrôle de température, port de masques de protection, désinfection continue, distanciation sociale…, une batterie de mesures “anti-Covid-19” strictes à respecter aux aéroports et à bord des avions pour préserver la santé des employés et des voyageurs. Ces mesures permettront également de redonner confiance aux touristes qui auront fatalement peur de voyager.

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De nouvelles règles sont ainsi édictées aux passagers, forcés désormais à vivre avec le virus. Il s’agit de tout un protocole sanitaire, élaboré par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) en collaboration avec l’Association internationale du transport aérien (IATA) qui rassemble quelque 290 compagnies aériennes, et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Ce protocole recommande que le voyageur présente désormais à son arrivée, une déclaration de santé, avant de subir un premier contrôle de température. Afin de limiter les contacts physiques et les files d’attente, l’OACI préconise les enregistrements en ligne avant d’arriver à l’aéroport et la redéfinition les passages aux contrôles de sécurité.

Chaque passager doit porter un masque de protection ou une visière à l’intérieur du terminal et avant d’embarquer. Il doit aussi respecter une distance physique d’au moins 1 mètre. Par ailleurs, les déplacements pendant le vol, les files d’attente vers les toilettes sont proscrites ou doivent être réduites.

Pour ce qui est des places assises, aucune exigence n’a été faite face aux retombées économiques sur le secteur. Toutefois, le nouveau protocole sanitaire recommande d’éloigner les passagers les uns des autres en fonction de la capacité d’accueil de l’appareil.

Concernant la nourriture servie à bord, elle doit être pré-emballée. Une fois à destination, la prise de température doit être également respectée.

Dans la même perspective de sauvetage, plusieurs acteurs étatiques dans le monde viennent épauler et soutenir, sous diverses formes, les composantes du secteur aéronautique qui est considéré comme stratégique.

Il est également question de restructurer les forces de ce secteur, à l’instar de l’aide française de 7 milliards d’euros en faveur d’Air France ou encore le plan de sauvetage de la compagnie allemande Lufthansa pour 9 milliards d’euros.

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Cet appui donnera incontestablement aux compagnies aériennes une opportunité en or en matière de pérennité et de durabilité une fois que la pandémie sera enrayée.

En l’absence de soutien et de perspective de rebond, plusieurs groupes aériens commencent, par la force des choses, à supprimer des postes par milliers, causant dans leur déclin tout le secteur aéronautique.

Cette crise sanitaire a déjà fait ses premières victimes dans le secteur, à l’instar de Virgin Australia, première grande compagnie aérienne à mettre genoux à terre, ou encore Norwegian qui a placé en faillite ses entités situées au Danemark et en Suède.

L’éventuelle possibilité d’être confrontées à des annulations de vols sur les six prochains mois, mènera, sans doute, d’autres compagnies fragiles à la faillite. Car, simplement, elles ne sont pas structurées pour supporter le fardeau des coûts, mais d’autres absorberont, par leur solidité, mieux la crise.

Désastreusement, la crise actuelle touche aussi les avionneurs, les constructeurs aéronautiques et les équipementiers, qui sont des proies également à de terribles conséquences dans les mois à venir. De nombreux sous-traitants, commerces et loueurs des aéroports sont eux aussi durement affectés, et certains sont condamné à se dissiper.

Avec un trafic limité au strict minimum, un nombre de destinations très réduit, les gens ont toujours l’envie de voyager et découvrir le monde. Or la crainte d’attraper le Covid-19 persistera dans les esprits des voyageurs durant un bon moment dans l’espoir d’un retour à la normale très prochainement.

MAP-