Suspendu par l’OMS, puis à nouveau autorisé, retour sur le feuilleton de l’hydroxychloroquine.

Présenté comme un produit miracle par certains, testé comme traitement contre le Covid-19 à travers le monde puis retiré des essais cliniques par l’OMS après une étude de The Lancet, l’hydroxychloroquine continue de diviser. Son utilisation est à nouveau autorisée par l’Organisation mondiale de la santé depuis ce mercredi 3 juin.

L’utilisation de l’hydroxychloroquine pour guérir le Covid-19 continue de faire couler de l’encre. Un nouveau rebondissement concernant son usage comme médicament provient de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’hydroxychloroquine, médicament dérivé d’un antipaludique dont l’utilité contre le nouveau coronavirus suscite tant de débats, est revenue en piste ce mercredi avec une volte-face de l’OMS.

Après analyse, le comité de sécurité de l’OMS a estimé “qu’il n’y a aucune raison de modifier le protocole” des essais cliniques sur ce médicament, a annoncé l’organisation mondiale de la Santé, qui avait suspendu ces essais après la publication d’une étude par la prestigieuse revue médicale The Lancet. Celle-ci, qui semblait clore le débat, jugeait inutile voire néfaste le recours à l’hydroxychloroquine contre le coronavirus. La France elle aussi avait annoncé suspendre toute utilisation du médicament.

Mardi soir, The Lancet, dont la publication était attaquée, avait cependant fait machine arrière, en reconnaissant que “d’importantes questions” étaient soulevées à ce sujet, un premier pas selon certains spécialistes vers le reniement de cette publication.

“C’est inimaginable”
C’est d’ailleurs à travers la publication d’une “expression of concern”, une mise en garde, que The Lancet commence à avoir des doutes sur l’étude. Et ce malgré une correction de l’article mise en ligne le 29 mai et les explications données par ses auteurs. The Lancet affirme être en attente des résultats d’une enquête indépendante qui cherche à vérifier les données utilisées dans l’étude. C’est donc en fonction des conclusions de cette enquête que le journal décidera ou non de retirer l’article.

Essais cliniques sur l’hydroxychloroquine: l’OMS fait volte-face 1

Premier défenseur de l’utilisation de ce médicament, le professeur français Didier Raoult a raillé sur Twitter le revirement sur une étude qu’il avait jugée “foireuse”. Sur le plateau de BFMTV, au cours d’une interview mercredi soir, le chercheur marseillais a renouvelé ses attaques concernant l’étude de The Lancet : “Je relis cinq à six papiers par jour, c’est mon métier, je suis éditeur de la plupart des revues sur les maladies infectieuses. On ne peut pas me leurrer comme ça. Que les gens du Lancet se soient fait leurrer comme ça c’est inimaginable.” Il a poursuivi: “Moi j’ai honte, on est dans une situation atroce. Des revues scientifiques publient des articles biaisés, tout est au service de leurs opinions.”

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AFP-