Le repositionnement du Maroc dans les chaînes de valeur industrielles post Covid-19, a été au centre d’un workshop organisé, mardi, par la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) ren partenariat avec la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement (BERD) et la Bourse de Casablanca.

Dans un contexte de crise sanitaire et économique internationale, et après une première vague de réponses ciblées apportées à ses clients, la BERD a souhaité s’engager de manière plus profonde envers l’entrepreneuriat marocain en mettant à la disposition des entreprises les recommandations nécessaires à un redémarrage fort et nouveau de leur activité et ce, à travers une série de workshops abordant à la fois des thématiques transverses et sectorielles.

Intitulée ‘Back To Business’ et ayant pour objectif de fournir aux entreprises marocaines impactées par la crise des solutions concrètes, opérationnelles et directement applicables sur le terrain, cette initiative, construite sous forme de 9 workshops, apportera des éclairages sur, à la fois des problématiques transverses à plusieurs industries (les chaînes de valeur, l’export, l’économie circulaire, l’entrepreneuriat inclusif, le conseil…), et sur des problématiques sectorielles plus spécifiques et importantes pour l’économie marocaine (agro-industrie, logistique, plasturgie, tourisme,…). Elle sera couronnée par la publication d’un livre blanc de recommandations.

Cette initiative, a permis d’échanger à la fois sur des problématiques transverses à plusieurs industries, à savoir les chaînes de valeur, l’économie circulaire, l’entrepreneuriat inclusif, etc. Des problématiques sectorielles plus spécifiques, comme l’agro-industrie, la logistique, le tourisme ont également été à l’ordre du jour.

Ce workshop de lancement propose ainsi d’analyser la place du Maroc dans les chaînes de valeur en cours de reconfiguration et de traiter les évolutions passées et à venir des chaînes de valeur mondiales. Les intervenants débattront également des relations de dépendance au sein de ces chaînes, vues sous le prisme de l’intelligence économique, qui permettent le déplacement de la valeur et rendent sa captation plus aisée, notamment pour les entreprises industrielles marocaines.

À LIRE  Varroc Lighting Systems Maroc obtient un nouveau prêt auprès de la BERD

Intervenant lors de ce workshop, Mohamed Bachiri, Vice-Président de la CGEM a souligné que la régionalisation de l’appareil de production dans un espace euro-méditerranéen et africain est une opportunité pour le Maroc et un bon compromis pour parer aux effets négatifs de la globalisation.
«La régionalisation dans un espace Euro-Méditerranéen et Africain est une opportunité pour le Maroc, en termes d’accroissement et de diversification de la demande, d’intégration des filières de production et de développement de capacités d’innovation notamment dans les secteurs de l’énergie renouvelable et de l’industrie 4.0», a-t-il expliqué.

De son coté, Abdou Diop du cabinet Mazars, a indiqué que la Covid-19 est désormais révélateur de plusieurs risques géostratégiques qui découlent des chaines de valeur mondiales, vu l’incapacité soudaine d’approvisionnement de nombreux pays.

Cette situation a provoqué un regain de protectionnisme à l’échelle internationale où plusieurs pays ont imposé des restrictions sur l’importation de produits essentiels dans un contexte de crise, ainsi que l’apparition de nouveaux paradigmes géostratégiques sur les chaines de valeur industrielles, a-t-il rappelé.

«C’est dans ces paradigmes que le Maroc dispose de nombreux atouts» pour mettre à profit cette reconfiguration des chaines de valeur, à l’instar de sa position géostratégique au carrefour des continents, ses écosystèmes industriels préexistants et une position privilégiée sur les chaines de valeur mondiales actuelles, a-t-il fait valoir, mettant en avant les connexions logistiques établies par le Maroc au fil des dernières années et son maillage continental en Afrique.

Pour sa part le directeur régional Corporate de la BERD, Adil Chikhi, estime que le repositionnement dans les chaines de valeur mondiales ne bénéficiera pleinement qu’aux pays qui investissent dans la recherche et développement et qui sont compétitifs sur le plan logistique, relevant la nécessité d’investir davantage dans la R&D au niveau national dans des secteurs tels que les technologies d’information.

À LIRE  La CGEM présente sa proposition de Plan de Relance économique