Caricature: Un magazine satirique ridiculise le président turc dans un contexte de relations tendues entre Ankara et Paris.

La tension entre Ankara et Paris n’est pas près de retomber. La Turquie a vivement réagi mardi à une caricature de son président à paraître en Une ce mercredi de Charlie Hebdo. Le dessin, diffusé en ligne mardi soir, montre Recep Tayyip Erdogan, en tee-shirt et sous-vêtements, en train de boire une bière et de soulever la jupe d’une femme portant le voile, dévoilant ainsi ses fesses nues.

La colère turque à propos de la caricature n’a fait qu’ajouter de l’huile sur le feu dans le conflit entre la France et la Turquie au sujet des caricatures du prophète Mahomet, qui a éclaté après que le professeur Samuel Paty ait été décapité par un jeune radical islamiste.

Une caricature d’Erdogan en Une de Charlie Hebdo provoque la colère d’Ankara 1

Les hauts fonctionnaires turcs n’ont pas tardé à condamner cette caricature, la qualifiant d’« effort répugnant » pour « propager son racisme et sa haine culturelle ».

« Nous condamnons cet effort tout à fait méprisable de la part de cette publication pour répandre son racisme culturel et sa haine », a déclaré le principal conseiller pour la presse du président turc, Fahrettin Altun, sur Twitter. Il a présenté cette publication comme le résultat du « programme anti-musulman du président français Macron ».

Fahrettin Altun, directeur de la communication de la présidence turque, a également exprimé son dégoût face à cette publication : « Le programme anti-musulman de Macron porte ses fruits ! » « Nous condamnons l’effort le plus répugnant de cette publication pour répandre son racisme et sa haine culturelle », a écrit Altun sur Twitter.

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Selon l’agence de presse turque, Anadolu Agency, le bureau du procureur turc va ouvrir une enquête contre le magazine satirique français pour la caricature du président Erdogan.

Ce n’est pas la première fois qu’Erdogan intente une action en justice contre ses détracteurs en Europe. Il a porté plainte en 2016 contre le comédien de télévision allemand Jan Boehmermann, qui a lu à haute voix un poème délibérément diffamatoire sur le leader turc pendant son émission, dans le cadre d’une parodie destinée à illustrer les limites de la liberté d’expression.

Boycott des produits français
Ce week-end, Erdogan a mené un boycott des produits français en Turquie en signe de rejet des déclarations de Macron et du projet de loi que le Palais de l’Elysée va présenter en décembre contre le séparatisme islamique.

La loi empêcherait la radicalisation des communautés les plus vulnérables, selon le président français. « L’islamisme radical, en créant des lois supérieures à celles qui existent actuellement dans le pays, est un danger pour la France car il se traduit parfois par une contre-société », a déclaré Macron.

Le projet de loi controversé comprend entre autres règles : un contrôle plus strict des organisations sportives et autres associations afin qu’elles ne deviennent pas un foyer de radicalisation ; la fin du programme d’échange pour les imams étrangers arrivant en France ; le contrôle des méthodes de financement des mosquées ; et certaines restrictions sur l’enseignement à domicile.