Le Maroc est devenu le pays leader de la production automobile en Afrique durant ces dernières années. D’après une nouvelle étude du Policy Center for the New South, réalisée par Henri-Louis Védie et intitulée “L’automobile: une filière marocaine stratégique, leader du secteur en Afrique”, la production automobile au Maroc à l’horizon 2025-2030 est estimée entre 700.000 et 1.000.000 d’unités

Avec une position géographique stratégique, une main d’œuvre qualifiée et des écosystèmes industriels robustes, PCNS décrypte comment le pays est devenu un pilier africain de l’industrie automobile. Avec une capacité de production qui passera à 700 000 véhicules par an en 2023, et des acquis industriels forts, le Maroc pourra faire face aux incidences de l’après Covid-19.

Automobile : le Maroc, leader en Afrique 1

Le PCNS a publié un rapport sur les performances du Maroc en tant qu’acteur de l’industrie automobile continentale. Il dresse l’évolution depuis les années 60, le développement dans la stratégie industrielle automobile et le renforcement de son attractivité pour faire du Maroc un leader africain du secteur. Et malgré la crise induite par la Covid-19, pour le PCNS, la position du pays sur cette industrie ne sera pas remise en question. Bénéficiant d’un positionnement géographique extrêmement avantageux et d’une main d’œuvre qualifié et accessibles aux constructeurs étrangers, ces avantages compétitifs demeureront.

Avec des constructeurs de renom comme Renault et PSA, le pays a également su développer un écosystème de relais industriels pour monter en compétence et en valeur ajoutée dans l’industrie automobile. Alors que le pays avait une capacité de production de 100 000 véhicules par an jusque dans les années 2000, la donne a évolué très rapidement suite à différents plans d’accélérations. Avec la récente inauguration de l’usine PSA le 21 juin 2019, la cadence de production et d’exportation automobile ne peut que s’accélérer. « Avec une capacité de production devant atteindre en 2023 au moins 700 000 unités par an, le Maroc a atteint la taille critique de la résilience, conforté par la variété des stratégies qu’il peut proposer à partir de Renault Melloussa et PSA Kenitra » pointe le rapport du PCNS.

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Le Maroc leader du secteur automobile en Afrique

Sur le continent africain, outre le Maroc, deux pays (avec des réussites diverses) proposent sur leur sol des usines de montage et de fabrication de voitures ayant atteint, au cours des dix dernières années, un minimum de 300.000 véhicules par an : l’Afrique du Sud et l’Egypte. «Si on s’en tient aux unités, produites ou à produire sur le territoire de chacune d’entre elles, à l’horizon 2030, le Maroc se situe au premier rang, suivi de l’Afrique du Sud et de l’Egypte», note l’étude.

La mise en service d’une usine Peugeot à Kénitra, en juin 2019, a contribué à augmenter la capacité de production du pays de 100.000 véhicules en 2020 et de 100.000 véhicules supplémentaires, à l’horizon 2023. A cela, Henri-Louis Vedie rappelle le renforcement de l’usine Somaca de 70.000 unités et les 340.000 unités de Renault-Nissan à Melloussa. Ces prévisions devraient être atteintes en 2023, portant la production à 700.000 unités de voitures de tourisme, au premier rang du continent africain, devant l’Afrique du Sud.

Il est également de rappeler qu’au lendemain du Forum Chine-Afrique de Marrakech, le constructeur chinois BYD (Build Your Dream Auto Industry) a annoncé sa volonté d’implanter quatre usines destinées à produire des voitures électriques à la Cité Mohammed VI -Tanger Tech.

Ce projet en « stand-by » ces derniers mois, «s’il devait finalement voir le jour, ce que nous pensons, porterait la capacité de production automobile à 300.000 unités de plus, portant la capacité totale du Maroc à un million de véhicules de tourisme par an, confortant la place de leader du Royaume en Afrique», estime l’auteur.

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L’étude précise que le Maroc a atteint la taille critique de la résilience, conforté par la variété des stratégies qu’il peut proposer à partir de Renault Melloussa et PSA Kénitra. Aucun autre pays africain ne peut en dire autant pour l’instant. Les raisons qui expliquent ce succès sont de notoriété publique. Et l’après Covid-19 n’y changera rien.

«Le Maroc disposera toujours d’une main-d’œuvre qualifiée, s’appuyant, dans la filière automobile, sur des compétences techniques et technologiques de pointe», souligne l’auteur. Son positionnement géographique sera toujours celui de plaque tournante d’un accès à un double marché, celui à destination de l’Europe et celui à destination de l’Afrique. Ce dernier marché à fort potentiel est aussi une chance pour le Maroc, comme l’a été le choix, fait par Carlos Ghosn et par Renault, du « low cost » à Tanger.