les Canaries sont actuellement submergées par les arrivées de migrants. Les autorités ont été contraintes d’installer un nouveau camp pour héberger les clandestins extra-européens.

Depuis l’automne, l’archipel des îles Canaries connait un afflux de migrants sans précédent. Les îles espagnoles ont vu débarquer 4. 000 migrants sur leurs côtes durant ce mois d’octobre 2020, pour un total avoisinant alors les 11. 000 individus depuis le début d’année. Une grande majorité des clandestins étant alors d’origine marocaine, pays tout proche.

LES CANARIES, DÉBORDÉES PAR L’AFFLUX DE MIGRANTS VENANT D’AFRIQUE 1

Depuis, la situation ne s’est guère améliorée aux Canaries et l’armée espagnole a fait savoir le 12 novembre dernier qu’elle avait procédé à l’installation d’un camp pour migrants d’une capacité de 200 personnes sur l’île de Grande Canarie alors que des centaines de migrants sont restés bloqués plusieurs jours dans le port d’Arguineguin, les autres centres d’hébergement étant déjà saturés. Le camp, composé de 23 tentes, a été mis en place le long d’un ancien entrepôt militaire.

Faisant état de chiffres toujours plus inquiétants, les autorités locales ont revu le bilan du mois d’octobre à 5. 300 arrivées, dont 1. 400 pour la seule journée du 7 novembre. Un weekend du 7 et 8 novembre qui a vu au total 2. 000 clandestins accoster aux Canaries tandis que le port d’Arguineguin est « saturé ».

« Il faut transférer ce campement de la honte », exige Onalia Bueno, la maire de Mogan, commune dont dépend Arguineguin. « Ces citoyens dorment au milieu des rats, sur une couverture, ne peuvent se laver que tous les trois ou quatre jours. Et une quarantaine ont le Covid-19 », ajoute-t-elle, devant le port, interdit d’accès à la presse pour, selon le gouvernement espagnol, « préserver l’intimité des personnes ».

Avec les débarquements de ces derniers jours, des sources indiquent que « plus de 17 000 Africains » seraient « arrivés depuis le début de l’année dans l’archipel espagnol, première porte de l’Union européenne ». À noter par ailleurs que de nombreux cas avérés de Covid-19 ont été recensés parmi les migrants arrivés ces dernières semaines.

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De son côté, Madrid veut tenter de résoudre le problème à la source en envoyant d’ici quelques jours les ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur au Maroc et au Sénégal pour « renforcer la collaboration et travailler de manière conjointe » afin d’éviter les départs de migrants.

Pour retrouver trace d’une telle pression migratoire sur les Canaries, il faut remonter à 2006, quand avait eu lieu la « crise des pirogues » avec des milliers d’Africains tentant de gagner l’archipel.