Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a plaidé pour une relance des expulsions de migrants irréguliers vers leur pays d’origine, après plusieurs mois de paralysie liée à la pandémie de Covid-19, vendredi 20 novembre, après un entretien à Rabat avec son homologue marocain Abdelouafi Laftit.

Au cours d’un bref point de presse, le ministre a écarté l’envoi des clandestins vers la péninsule pour alléger la situation de saturation dans l’archipel des îles Canaries, où plus de 18.000 migrants ont afflué depuis début 2020, soit près de dix fois plus que sur la même période en 2019. La politique de Madrid consistera à «renvoyer» les migrants «qui sont irréguliers et qui ne sont pas éligibles à la protection internationale», a-t-il expliqué.

«Éviter que des voies d’entrée irrégulière en Europe s’établissent»
«Lutter contre l’immigration irrégulière c’est aussi éviter que des voies d’entrée irrégulière en Europe s’établissent», a-t-il dit, déboutant ainsi le président régional des Canaries, qui avait demandé cette semaine cet envoi vers la péninsule au nom de la «solidarité». Le ministre a particulièrement salué la «coordination extraordinaire» de son pays avec le Maroc, en mettant l’accent sur la politique «intégrale» de deux voisins incluant échange d’informations, protection des plus vulnérables, lutte contre les organisations criminelles et politique de retour des clandestins en situation irrégulière.

L’archipel situé au large des côtes nord-ouest de l’Afrique a vu une vague d’arrivées depuis le durcissement des contrôles en Méditerranée, notamment dans le détroit de Gibraltar qui sépare le Maroc et l’Espagne. Les candidats à l’immigration sont de plus en plus nombreux à tenter leur chance au départ de la côte atlantique, depuis le sud du Maroc, de la partie du Sahara occidental contrôlée par le pouvoir marocain, de la Mauritanie et du Sénégal.

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En réponse à une question, Fernando Grande-Marlaska a indiqué que les actuelles tensions au Sahara occidental n’impactaient en aucun cas le dossier des flux migratoires. Cela «n’a pas de rapport avec l’immigration et avec la situation actuelle d’urgence aux Canaries. Ce sont des questions qui n’ont absolument pas de connexion», a-t-il dit.

AFP-