En pleine saison de trituration d’olives dans la région de Béni Mellal-Khénifra, où l’oléiculture est l’une des principales filières agricoles, les huileries connaissent une progression importante de leurs activités en dépit de la situation sanitaire qui impacte un grand pan de secteurs économiques.

La saison de trituration donne un coup d’accélérateur à l’offre d’emplois et participe à l’amélioration des conditions de vie des agriculteurs locaux qui exploitent une superficie plantée en olives d’environ 30.300 hectares, ce qui constitue une aubaine pour les quelque 2.000 unités de trituration installées dans la région.

BÉNI MELLAL-KHÉNIFRA : LES UNITÉS DE TRITURATION D’OLIVES EN PLEIN ESSOR MALGRÉ LA COVID-19 1

Cette activité permet à la région de Béni Mellal-Khénifra de contribuer à hauteur de 17% à la production nationale d’huile d’olive, et la saison de trituration d’olives se veut de ce fait l’une des principales périodes de l’année favorisant la création de richesses et le développement socio-économique.

Depuis le déploiement du Plan Maroc Vert, cette activité a connu d’importantes transformations, à travers notamment, l’extension de la superficie plantée et l’introduction de nouvelles variétés d’olives, en plus de la restructuration des unités de trituration d’olives et la valorisation de l’huile d’olive de la région.

A la faveur de ces efforts, la qualité de l’huile d’olive de la région s’est nettement améliorée, favorisant ainsi l’essor de l’activité oléicole. La variété marocaine de picholine demeure la plus exploitée dans la région avec 85% de la superficie totale plantée, suivie de deux autres variétés, la Menara et la Haouzia, avec 10 % chacune, alors que la variété espagnole arbequina représente 5% de la superficie plantée.

La période d’extraction d’huile d’olives dans la région crée aussi une dynamique commerciale importante aux niveaux local et national dans la mesure où plusieurs consommateurs, revendeurs et exportateurs d’huiles d’olives se rendent dans la région pour acquérir cette huile réputée pour sa qualité exceptionnelle.

Pour encourager l’activité de trituration, la Direction Régionale de l’Agriculture (DRA) a œuvré dans le cadre du Plan agricole régional qui découle de la stratégie du Plan Maroc Vert à la création, récemment, de 12 unités de production d’huile d’olive vierge d’une capacité de 740 tonnes par jour, ce qui a permis de booster l’exportation d’huile d’olive extra vierge ces dernières années.

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La DRA a également contribué, en étroite collaboration avec l’ORMVAT, à la mise en œuvre d’un programme ambitieux visant à réhabiliter les unités de trituration d’huile d’olive et les unités de production d’olives de table, afin de valoriser la récolte d’olives et de préserver aussi bien la sécurité sanitaire du consommateur que l’environnement, et ce, en coordination avec l’ONSSA.

Ces opérations ont abouti à l’octroi de licences sanitaires à environ 140 unités de trituration d’huile d’olive et à 5 unités de conditionnement, permettant au produit oléicole de la région de hisser haut les couleurs du Maroc lors de plusieurs manifestations internationales, notamment en France, en Allemagne et aux Émirats Arabes Unis. Elles ont permis aussi à la région de remporter 5 médailles, dont deux d’or en marge de la onzième édition du Salon International de l’Agriculture au Maroc.

Les unités de trituration de la région ont également bénéficié de plusieurs projets dans le cadre de la stratégie « Génération Green 2020-2030 » qui prévoit une série de projets visant la valorisation de l’huile d’olive des coopératives oléicoles de la région, au moment où la région Béni Mellal-Khénifra s’attend à ce que la récolte d’olives pour cette saison atteigne un total de 250.000 tonnes, soit une augmentation de 25% par rapport à la saison agricole 2019-2020.

Toutefois, et avec l’augmentation du nombre des huileries implantées dans le bassin d’Oum Er-Rbi, les problèmes environnementaux liés à l’évacuation anarchique des margines en milieu naturel se sont accentués de même que le risque de pollution de la nappe phréatique, des cours d’eau et des barrages qui peut conduire à l’extinction de certains espèces animales et végétales en raison de la détérioration de la qualité de l’eau.

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Les eaux résiduaires de l’industrie oléicole (margines) issues de plus de 2.000 unités de trituration d’huile d’olive au niveau de la région Béni Mellal-Khénifra constituent un véritable danger pour l’environnement et une source de pollution majeure des ressources hydriques.

L’exploitation de ces 2.000 unités de trituration d’huile d’olive engendre près de 300 mille tonnes de margines au niveau du bassin d’Oum Er-Rbi. Cet effluent liquide du processus d’extraction d’huile, finit en partie dans la nature ou dans le réseau des eaux usées car 77% seulement de ces huileries disposent de bassins de stockage et d’évaporation des margines.

Le rejet anarchique des margines conduit à la pollution des terres agricoles, des cours d’eau et des bassins hydrographiques. C’est la raison pour laquelle l’Agence du bassin hydraulique de l’Oum Er-Rbi a réexaminé le plan directeur de lutte contre la pollution issue des résidus des huileries et recommandé, récemment, une série de mesures dont la mise en place par les unités de trituration de bassins de stockage et d’évaporation, étanches et d’une profondeur maximale d’un mètre.

Elle a préconisé aussi la réfection des bassins existants pour renforcer leur efficacité et l’adoption par les huileries d’un système de production écologique à deux étapes, moins hydrovore et qui réduit considérablement la quantité des margines émises et améliore la productivité et la qualité.

L’Agence du bassin hydraulique de l’Oum Er-Rbi a également veillé dans ce cadre à conclure des conventions de partenariat avec un grand nombre d’intervenants pour la mise en place de stations de traitement des margines.

Avec MAP-