La mise en place de sanctions pécuniaires à l’encontre des mauvais payeurs risque de “mettre en difficulté” certaines sociétés qui devront, en plus de payer leurs fournisseurs, trouver des moyens pour financer ces sanctions, estime Amine Hassouni, Directeur Arbitrage chez l’assureur crédit Coface Maroc.

Cette mesure, prévue dans le cadre d’un projet d’amendement de la loi n° 15-95 formant code de commerce, portera encore plus ses fruits si tous les acteurs de l’informel et le phénomène de la sous-déclaration du chiffre d’affaires se réduisent significativement, a précisé M. Hassouni dans une interview à la MAP.

Et de poursuivre que dans le cas contraire, beaucoup d’entreprises de taille moyenne ou modeste (PME & PMI) ou des structures plus importantes avec un endettement structurel, subiront cette mesure qui deviendra “une contrainte” malgré les efforts de l’Etat pour améliorer ses propres délais de paiement.

Dans ce sens, les banques et assureurs crédit pourront penser à créer une base commune d’entreprises défaillantes afin de soutenir cette loi et conseiller les entreprises dans le développement sain de leur chiffre d’affaires, a suggéré l’expert.

Il a par ailleurs fait observer que “suite au démarrage du soutien du gouvernement marocain par des lignes bancaires adossées à des garanties étatiques et compte tenu de notre recul analytique depuis le début de la crise, nous n’avons pas enregistré une détérioration de la sinistralité en comparaison à l’avant-Covid”.

En revanche, M. Hassouni fait état de la difficulté, aujourd’hui, d’évaluer la réelle capacité des entreprises à honorer leurs engagements vis-à-vis de leurs fournisseurs, car cette performance est le reflet des mesures de soutien du gouvernement. Selon une vision indépendante de notre portefeuille, a-t-il dit, la crise sanitaire a largement contribué à la détérioration des délais de paiement inter-entreprises, qui sont passés, selon la CGEM, de 408 milliards de dirhams (MMDH) en 2018 à 421 MMDH en 2019.

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Aussi, les entreprises ayant été impactées par la baisse du niveau d’activité en 2020, leur trésorerie s’en trouve affectée avec une répercussion directe sur la chaîne de valeur et donc sur leurs fournisseurs, a-t-il relevé, rappelant que la 3ème édition du Baromètre de la CGEM indique d’ailleurs une hausse du délai supplémentaire moyen de 53 jours.

S’agissant des délais de paiement de l’Etat, “nous constatons une amélioration continue (passage de 60 à 40 jours en moyenne)”, a-t-il conclu.

Avec MAP-