Le Maroc est un pays riche en culture et traditions, dont la fantasia : un sport équestre inspiré de la chasse et de la guerre souvent pratiqué lors des festivals locaux.

A l’origine, la fantasia, ou Tbourida, est une technique de guerre pratiquée par les Arabes pour surprendre l’ennemi. C’est cette même technique qui a d’ailleurs été utilisée par les soldats arabes lors de la conquête de l’Espagne au VIIIème siècle. Devenues aujourd’hui un spectacle organisé dans le cadre de moussem, les fantasias perpétuent à travers les âges cette tradition guerrière ainsi que la passion que le Maroc voue aux chevaux.

la fantasia est au croisement des arts de guerre, de la chasse et de l’équitation. C’est le premier sport équestre du Maroc, qui compte environ 1000 troupes (sorbas) et 15000 chevaux.

Ce sport divertissant est pratiqué le plus souvent lors de célébrations religieuses ou tribales, telles que l’aïd, les mariages ou les naissances, mais aussi dans les festivals appelés moussems. Le festival de la fantasia, organisé chaque année à Meknès, est d’ailleurs l’un des événements les plus importants du royaume.

Si la fantasia est un art ancestral jadis réservé aux hommes, aujourd’hui, cette pratique a tendance à se féminiser

Les femmes marocaines brisent tous les clichés en se mettant à la fantasia, une discipline équestre traditionnelle berbère.

La fantasia est une tradition berbère qui remonte à des siècles. C’est un spectacle équestre simulant une charge militaire : les cavaliers galopent côte à côte en ligne, et exécutent des figures avant de tirer en l’air, avec des fusils à poudre noire. Plus qu’une parade militaire, c’est un véritable spectacle où l’on vient pour admirer les cheveux barbes parés d’harnachements massifs tout en dorures, et les tenues traditionnelles des 11 cavaliers qui enchaînent les figures de haute voltige. Le mot “fantasia” vient d’ailleurs du latin et signifie “divertissement, fantaisie”; dans la langue marocaine, il a même pris le sens d'”ostentation”, “panache”, et sert même à qualifier une personne audacieuse…ou un peu trop exhibitionniste !

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Mais depuis 2005, les choses ont bien changé : la fantasia s’est féminisée. Un sport d’homme investi par les femmes, Et pourquoi pas ! Après tout, les amazones guerrières ne font-elles pas partie des légendes marocaines, à l’instar de la reine Kahina ou de Zeina ? à ce sujet, feue Lalla Amina, présidente de la Fédération royale marocaine des sports équestres, racontait dans une interview diffusée dans Les rebelles de l’Atlas, un reportage d’Othman Essakali, l’histoire de la création de la toute première troupe féminine de fantasia à Mohammedia en 2005. C’est en fait grâce à elle que cette pratique a pu s’ouvrir aux femmes.

En effet, depuis 2005, la tbourida s’est ouverte aux femmes grâce à Lalla Amina, présidente de la Fédération royale marocaine des sports équestres. Pour la petite histoire, cette féminisation de la tbourida a commencé le jour où la fille d’un éleveur de chevaux et cavalier de fantasia fit part à Lalla Amina de sa passion pour ce sport et de son désir de monter une troupe féminine. Un an plus tard, Lalla Amina exauçait ce souhait et la fantasia se féminisait.

La Tbourida

La Tbourida, dérivée de Baroud qui signifie « poudre à canon », est un art équestre ancien, datant du 15ème siècle. C’est une représentation équestre qui simule une succession de parades militaires, reconstituées selon les conventions et rituels arabo-amazighs ancestraux.

Chaque parade de Tbourida est effectuée par une troupe, appelée « Sorba », constituée d’un nombre impair de cavaliers et de chevaux (de 15 à 25), alignés et au milieu desquels se place le chef de la tribu, le « Mokaddem », avec sa monture. De génération en génération, la Tbourida conserve une forte dimension spirituelle, notamment du fait qu’elle met le cheval , animal sacré de l’islam, au centre d’un spectacle haletant et impressionnant.

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La Tbourida éblouit le grand public marocain et international. Elle est associée aux festivités : moussems, fêtes agricoles et nombreuses fêtes nationales et familiales. Les internationaux la dénomment souvent « Fantasia », appellation d’origine latine, signifiant divertissement.