Le prince Philip, époux de la reine d’Angleterre depuis 1952, est mort ce vendredi à l’âge de 99 ans à Windsor.
Il l’a accompagnée pendant plus d’un demi-siècle. Philip Mountbatten, époux d’Elizabeth II et prince consort à l’impressionnante longévité, s’est éteint ce vendredi à l’âge de 99 ans.

La nouvelle a été annoncée sur le compte Twitter officiel de la famille royale. “C’est avec un profond chagrin que sa majesté la reine annonce la mort de son époux bien aimé le prince Philip, duc d’Edimbourg”, selon un communiqué du Buckingham, précisant que le prince Philip, qui avait été hospitalisé récemment, est mort “paisiblement ce (vendredi) matin au château de Windsor”.

Hospitalisé le 16 février, le prince Philip avait subi une “intervention” pour un problème cardiaque dans cet établissement, doté du plus grand service cardiovasculaire spécialisé en Europe. Il était rentré chez lui, auprès de la reine à Windsor le 16 mars dernier.

Le prince avait déjà eu quelques alertes. En juin 2017, il avait ainsi déjà été hospitalisé deux jours pour soigner “une infection liée à une pathologie existante”. Il avait été opéré à une hanche en 2018.

Fin décembre 2019, il avait été hospitalisé pendant quatre jours au King Edward VII Hospital “en raison de problèmes de santé préexistants”, selon le palais.

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En mai 2017, il avait annoncé son retrait de la vie publique, à quelques semaines de son 96e anniversaire, après avoir participé à plus de 22.000 engagements publics officiels. Dès 2011, le prince Philip avait estimé qu’il avait “accompli (s)a part” du travail aux côtés de la reine, souveraine à la longévité sans précédent. Ensemble, ils ont eu quatre enfants, Charles, né en 1948, Anne, née en 1950, Andrew, né en 1960, et Edward, né en 1964.

De souche allemande, Philip de Grèce et du Danemark est né à Corfou le 10 juin 1921. Il connait une enfance solitaire et agitée, entre la France, l’Angleterre et l’Allemagne. A l’âge de 18 mois, il est ainsi évacué dans un lit fait de cartons d’oranges à bord d’un navire britannique, avec ses parents et ses quatre soeurs aînées, alors que son oncle le roi de Grèce est déposé.

C’est en 1939, à l’occasion d’une visite du roi Georges VI et de sa fille au collège royal naval de Dartmouth qu’il rencontre Elizabeth pour la première fois. Le jeune homme de 18 ans est chargé de distraire la future reine. À 13 ans, elle succombe au charme de Philip au cours d’une partie de croquet.

Ils se voient de temps en temps et échangent des lettres pendant la guerre. En 1946, il la demande en mariage.

La famille royale britannique n’est pas enchantée par cette relation : Philip est un prince étranger, pauvre et un peu bourru. Mais “Lilibet” ne leur laisse pas vraiment le choix.

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Après que Philip a abandonné ses titres royaux grecs et danois et qu’il s’est converti à l’anglicanisme en 1947, le couple se marie. Ils s’installent à Malte où le désormais duc d’Edimbourg poursuit sa carrière militaire, il est promu commander en 1952.

Mais la mort subite du roi Georges VI propulse Elizabeth sur le trône la même année, Philip doit renoncer à sa carrière.

Prince consort
Une certaine frustration s’empare de lui, surtout quand Churchill s’oppose à ce que le nom de Phillip, Mountbatten, soit ajouté à celui de la famille royale. “Je ne suis qu’une foutue amibe, ici ! Je suis le seul homme dans ce pays qui ne soit pas autorisé à donner son nom à ses enfants” aurait-il réagi.

Il a malgré tout rempli son devoir de prince consort : président de près de 850 associations, il a surtout toujours soutenu son épouse. “Mon premier, second et ultime emploi sera de ne jamais laisser tomber la reine” disait-il.

Et d’après elle, il s’y est bien tenu : “Il a tout simplement été ma force et mon soutien.” Il se tenait toujours un pas derrière la reine mais a bien constitué le second pilier de la famille royale. Au moment où le couple héritier se déchirait, Philip a sincèrement tenté de recoller les morceaux entre Charles et Diana.