Le désert d’Agafay accueillera une exposition ori­ginale et humainement forte; LADY BERBÈRE.

Cette exposition inédite présentera conjointement les tapisseries Zindekh réalisées par des femmes du Moyen Atlas depuis les années 90, véritables œuvres d’art dans la lignée des plus grands artistes et les peintures de l’artiste autodidacte Keya devenu en quelques années la coqueluche des collectionneurs.

Cette galerie dans le désert combinera avec brio la tradition et la modernité, l’art et l’artisanat, les secrets de femmes et leurs visions audacieuses du monde.

Dans la fibre, ces femmes témoignent de leurs expériences, de leur solitude, de leur joie, de leur délicatesse, guidées par une histoire portée par leurs mères et grand-mères avant elles. Leur force est d’avoir créé un langage propre dans lequel leur parole n’est plus tue. Un langage inarticulé et pur. Comme les mots semblent ternes face aux élans du coeur…

L’événement a un seul objectif pour sa fondatrice : « mettre en lumière le travail de ces Lady berbères, soutenir l’association SEMNID et permettra d’ouvrir pour la rentrée un nouveau foyer pour soutenir la scolarisation des filles des zones rurales. »

Un événement sous le signe du partage et de l’échange en présence de ces femmes du Moyen Atlas.

À travers l’Histoire, les femmes berbères ont assuré la survivance de la langue, du savoir-faire et des traditions Amazighs. Elles ont permis la survie et la transmission de l’héritage culturel. Elles ont porté, enseigné, révélé les messages et les coutumes propres à leurs ancêtres. « Cette transmission passe notamment par des symboles que l’on retrouve dans le tatouage, le henné, le maquillage, les bijoux, la vannerie, la poterie et la tapisserie » comme expliquait le grand navigateur, artiste et écrivain Titouan Lamazou en 2013.

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Souvent à l’écart de la vie de la Cité dirigée par les hommes, les femmes Berbères ont appris à s’exprimer par des voies détournées. C’est le cas des brodeuses de ta­pisseries Zindekh que cette exposition met à l’honneur à travers « Lady Berbère ».

Ces femmes, à qui l’on avait ôté la parole, se l’octroyaient en tissant. Elles échangeaient des messages et des secrets dans les rainures de leurs tapisseries. Elles s’offraient un statut. Ce statut, c’est celui de véritables Lady. La Lady est un statut à double titre : un statut de noblesse qui désigne en Angleterre les femmes d’honneur et une marque de politesse qui distinguait les filles de chevaliers et de lords.

Les femmes berbères sont nobles et savantes. Avec des matériaux bruts, elles sont parvenues à créer de véritables objets d’art, aux formes géométriques complexes, ont rédigé des codes auxquels les hommes n’avaient pas accès.

Les tapisseries sont autant de coffres forts scellés. Dans la fibre, ces femmes témoignent de leurs expériences, de leur solitude, de leur joie, de leur délicatesse, guidées par une histoire portée par leurs mères et grand-mères avant elles.
Leur force est d’avoir créé un langage propre dans lequel leur parole n’est plus tue. Un langage inarticulé et pur.

Source: LADY BERBÈRE