Le secteur touristique au Maroc a besoin d’une stratégie de relance forte et dotée de moyens suffisants, a relevé le nouveau président de la Confédération nationale du tourisme (CNT), Hamid Bentahar.

“Les fondamentaux de notre métier restent bons. L’envie de voyager sera toujours là, toutes les études faites tant au niveau national qu’international le prouvent. Mais le secteur a besoin d’une stratégie de relance forte et dotée de moyens suffisants, une volonté des pouvoirs publics et une mobilisation de tous les acteurs”, a dit M. Bentahar dans une interview publiée jeudi par le quotidien “L’Économiste”.

Ce sont les conditions incontournables pour permettre à l’industrie touristique marocaine de survivre, renouer avec la croissance et de retrouver sa place dans l’économie nationale, dans un délai de 24 mois, a soutenu le président de la CNT, notant que cette stratégie doit mettre tout en œuvre pour aider l’ensemble des acteurs et des entreprises de toute taille à se relever de cette crise et, au delà, à se projeter dans l’avenir. Et de poursuivre : “On ne peut pas parler de reprise de l’activité. De manière générale, toutes les filières du secteur, à savoir les voyagistes, les guides, les hôteliers, les restaurateurs, les transporteurs touristiques … subissent les effets massifs de la crise depuis plus de 16 mois”. “Il est donc indispensable, aujourd’hui, que nous obtenions le prolongement des mesures de soutien à l’emploi et aux entreprises touristiques jusqu’à fin décembre 2021”, a-t-il insisté.

S’agissant des mesures de soutien au secteur, M. Bentahar a souligné que les réflexions déjà menées au niveau des corporations professionnelles prévoient à très court terme trois mesures urgentes pour le soutien des entreprises et des emplois. D’abord, il s’agit des mesures sociales comme le maintien du dispositif CNSS du contrat-programme et son extension au 31 décembre 2021, et la révision des échéanciers pour les paiements des charges sociales reportées et dues sur 2020 et 2021, à partir de 2022 avec étalement sur 24 mois.

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Pour les mesures bancaires, il a cité un profilage de l’échéancier bancaire long terme avec le Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM) et le renforcement de l’intervention de la Caisse centrale de garantie (CCG), le report des crédits leasing pour les entreprises du secteur de transport ainsi qu’un report des remboursements crédits contractés par les employés du secteur. Quant à la 3ème mesure, elle concerne la fiscalité. “Nous demandons un moratoire fiscal au titre de 2020 et 2021, pour les taxes locales, notamment la taxe professionnelle, au 1er janvier 2022, avec étalement sur 24 mois sans frais ni pénalités”, a-t-il suggéré.

Il a par ailleurs noté que le contrat programme du tourisme tablait, en effet, sur une reprise progressive de l’activité touristique alors que la situation actuelle et les récentes mesures restrictives, que nous comprenons, nous éloignent chaque jour de ces objectifs”. Et de conclure que : “Compte tenu des décisions restrictives adoptées au niveau de plusieurs de nos marchés émetteurs, il est probable que l’économie mondiale sera désormais rythmée par des fermetures régulières des frontières ainsi que des arrêts et des reprises pour les 12 prochains mois”.