Dans le but de faire progresser l’égalité des sexes, le Maroc adopte depuis 2002 des lois visant à établir des quotas dans les organes représentatifs.

A quelques jours des élections générales du 8 septembre, les femmes marocaines appellent à une augmentation des quotas de femmes dans les instances représentatives afin de contrecarrer la domination de la mentalité machiste au sein des partis politiques et de la société et d’atteindre la parité.

« Nous avons des ambitions normales qui reflètent les mêmes engagements exprimés dans la Constitution, c’est-à-dire le devoir de l’État d’imposer la parité. Nous ne sommes pas satisfaits de rester en dessous de la parité », a déclaré Nouzha Skalli, l’ancienne ministre marocaine de la Solidarité, de la femme et de la famille et du développement social, dans un entretien accordé à EFE.

Selon l’article 19 de la Constitution marocaine (2011), « L’homme et la femme jouissent, à égalité, des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental, […] L’État œuvre à la réalisation de la parité entre les hommes et les femmes. », a rappelé l’ancienne ministre qui reconnait que sur le sujet, beaucoup restent à faire.

Le nombre de femmes candidates inscrites sur ces listes mixtes pour le parlement ne dépasse pas 2 % en raison de la prédominance de la mentalité machiste, de l’inégalité économique entre les sexes et des charges sociales des femmes qui, en plus de leur profession, portent le poids des tâches ménagères, du travail non rémunéré, déplore M. Skalli.

En ce qui concerne l’écart économique entre les sexes, seulement 19,9 % des femmes travaillent, un chiffre qui s’élève à 70,4 % pour les hommes, selon une étude publiée en 2020 par le Haut Commissariat au Plan (HCP, l’organisme public marocain de statistiques).

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Le rapport annuel sur l’indice mondial de l’écart entre les sexes, publié par le Forum économique mondial, a classé le Maroc au 143e rang sur les 153 pays inclus dans l’étude 2020.

Ce classement est en recul par rapport à 2010, où le Maroc était classé au 127e rang.

Lors des élections générales du mois prochain, qui combinent pour la première fois des élections législatives, régionales et locales, les femmes sont en lice pour 90 sièges à la chambre basse (sur un total de 395 membres), tandis que dans les élections locales, elles se sont vu attribuer un tiers des sièges.

“Aucun mouvement n’a réussi à améliorer la représentation politique des femmes sans action positive”, insiste Mme Skalli, qui appelle à une augmentation des quotas pour atteindre la parité.

Avec-EFE