L’humoriste et acteur Brahim Bouhlel vient de demander une autre grâce royale. Incarcéré à Marrakech depuis cinq mois pour avoir diffusé une vidéo d’enfants en guise de « blague », l’acteur de Validé tente le tout pour le tout pour se tirer d’affaire.

C’est l’histoire d’une blague si mauvaise qu’elle a mené ses auteurs en prison. Depuis cinq mois, l’acteur et humoriste français Brahim Bouhlel, connu pour avoir joué dans Validé, une série à succès sur le rap, est incarcéré à Marrakech après avoir été condamné à huit mois de prison pour « diffusion d’une vidéo d’une personne sans son consentement » et « détournement de mineur ».

« La peine de prison pour une blague, aussi mauvaise soit-elle, représente une menace profondément effrayante pour l’exercice de la liberté d’expression de tous », dénonce Andra Matei, l’avocate de l’humoriste, qui prévoit de déposer une demande de grâce royale en octobre.

L’affaire remonte au tout début du mois d’avril. L’acteur de 26 ans, originaire de Seine-et-Marne, est attablé à la terrasse d’un restaurant de Marrakech en compagnie de l’influenceur Sammy Tami, connu sous le pseudonyme de « Zbarbooking », et de l’acteur Hedi Bouchenafa. Brahim Bouhlel filme ses deux amis et les double d’une voix off.

« Moi ce que j’aime bien ici, c’est toutes les putes que je paye 100 dirhams ! », lance-t-il dans la vidéo pendant que son ami agite une liasse de billets. « J’ai niqué encore quinze meufs. Du coup, j’ai eu six gosses, poursuit-t-il en filmant deux garçons et une petite fille qui se trouvent à côté d’eux. Salut bande de fils de pute ! Votre mère c’est une grosse salope ! », dit-il en s’adressant aux enfants, qui ne semblent pas comprendre la situation.

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Présentée comme une parodie de l’émission Enquête exclusive, la vidéo, d’abord diffusée sur un compte Snapchat, a rapidement fait le tour des réseaux sociaux et provoqué un mouvement de colère au Maroc.

Au Maroc, la blague est particulièrement mal passée. Jugée insultante et dégradante, la vidéo a soulevé l’indignation du Club des avocats du Maroc, qui a déposé une plainte, ainsi que des associations de protection de l’enfance. « Nous avons vivement condamné ces propos abjects et irrespectueux, qui ont blessé une frange faible et dans le besoin que sont ces enfants, et nous avons demandé aux autorités de prendre leurs responsabilités », souligne Najat Anwar, présidente de l’ONG Touche pas à mon enfant.