L’Algérie cessera de fournir L’Espagne en gaz naturel via le Gazoduc Maghreb-Europe à partir du 1er novembre 2021, rapporte l’agence britannique Reuters, citant une source à Sonatrach et deux autres au sein du gouvernement algérien.

Trois responsables algériens ont confirmé à l’agence de presse britannique, Reuters, ce qu’avait déjà annoncé le président Tebboune lors d’une interview diffusée à la télévision publique algérienne le 10 octobre: le gaz algérien ne transitera plus par le Maroc en direction de la péninsule ibérique. C’est ce qu’ont confirmé à Reuters une source à Sonatrach, ainsi que deux autres sources algériennes gouvernementales.

Le gazoduc Maghreb-Europe de 13,5 milliards de mètres cubes reliant l’Algérie à l’Espagne via le Maroc serait ainsi abandonné au profit du gazoduc sous-marin Medgaz, d’une capacité annuelle de 8 milliards de m3 et qui ne passe pas par le Maroc, ont indiqué les mêmes sources.

Cependant, les sources citées considèrent que les problèmes techniques liés aux projets d’extension de capacité du gazoduc Medgaz, portés par l’Algérie, pourraient aggraver la crise énergétique en Espagne au moment où les factures de gaz explosent en Europe.

Concernant l’approvisionnement en gaz du Maroc, l’Algérie avait évoqué en août la possibilité de mettre fin aux exportations de gaz naturel vers le Royaume fin octobre. Ceux-ci sont estimés à 1 milliard de mètres cubes, qui sont utilisés pour produire environ 10 % de l’électricité du Royaume. L’Algérie a donc décidé de ne pas renouveler l’accord d’approvisionnement avec le Maroc.

Rappelons qu’un haut responsable marocain avait évoqué, au début de ce mois, d’ éventuelles discussions avec l’Espagne sur la possibilité d’inverser le flux du GME dans le cas où l’Algérie ne renouvellerait pas l’accord d’approvisionnement.

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A noter également que l’Algérie est le premier fournisseur de gaz naturel d’Espagne, couvrant près de la moitié de sa demande de gaz via le GME. En cas de rupture d’approvisionnement, l’Algérie utilisera des navires pour transporter du gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Espagne, ajoutent les mêmes sources.