Le Conseil de la concurrence a rendu, cette semaine, son avis sur les augmentations des prix de vente constatées sur le marché national des huiles de table, pointant «la structure du marché lui-même» tout comme les «évolutions du marché extérieur duquel il est dépendant».

Suite à une saisine par la Chambre des représentants, le Conseil de la concurrence a émis son avis relatif à l’examen du respect des règles d’une concurrence libre et loyale par les producteurs et importateurs des huiles de table suite aux augmentations des prix de vente constatées sur le marché national de ces produits. L’étude et l’analyse du marché des oléagineux a permis de relever les multiples facteurs qui expliquent la hausse des prix des huiles de cuisson.

Une grande dépendance à l’importation

Le Maroc importe la quasi-totalité des matières premières utilisées pour la fabrication des huiles de table. «Près de 98,7% des besoins domestiques du pays sont importés, essentiellement sous forme d’huiles brutes et seuls 1,3% sont couverts par les graines produites localement», note le Conseil dans son rapport. Et d’ajouter: «cette dépendance a un coût qui pèse sur la balance commerciale du pays avec une facture de près de 4 MMDH par an, rien que pour les importations des huiles brutes. Elle s’élève à 9 MMDH si l’on rajoute les importations des tourteaux».

A ce déficit structurel en termes de matières premières, s’ajoute la quasi-absence des activités de trituration. L’activité de trituration est assurée par deux opérateurs, à savoir Lesieur Cristal qui est l’opérateur historique avec son unité de trituration de Casablanca et le groupe HSB avec son unité de Ain Taoujdate dans la région de Meknès, alors que «seulement 3,5% des huiles raffinées produites sont issues de la trituration locale dont 2,2% à base de graines importées et 1,3% de graine locales», précise la même source.

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Le Conseil soulève aussi une offre concentrée dans trois régions et une demande locale dominée par l’huile de soja. « Du point de vue géographique, 100% de la production nationale est regroupée dans trois régions qui constituent par la même occasion les plus grands bassins de consommation du Maroc. La région Casablanca-Settat où sont implantées les sociétés Lesieur Cristal et Savola, concentre plus de 62% du volume produit, suivie de la région Souss-Massa qui représente 23% de la production globale, assurée par la société HSB, puis de la région Fès-Meknès qui couvre les 15% de l’offre restante et assurée par Siof et HSB », fait savoir le Conseil.

S’agissant des facteurs explicatifs liés au marché extérieur, le Conseil met l’accent sur les cours mondiaux des huiles brutes en forte augmentation depuis le début de l’allègement des mesures de confinement liées à la pandémie du Covid-19 et les coûts de matières premières aggravés par la hausse concomitante du prix de l’énergie et du transport.

« La tendance haussière des cours mondiaux des huiles brutes est accentuée par la récente forte augmentation des tarifs de l’énergie, du fret maritime et du transport de marchandises au niveau mondial, en raison du redémarrage rapide et simultané de l’économie mondiale, caractérisé par une hausse importante de la demande, une pénurie des conteneurs et une congestion des ports », fait remarquer le Conseil.

Parmi les facteurs liés au marché externe, le Conseil évoque aussi la corrélation entre les prix de vente du marché national et les cours mondiaux des matières et les changements rapprochés dans l’application des prix de vente des huiles de table sortie usine.