Le Maroc a fait le choix judicieux d’investir dans le transport maritime et de la logistique portuaire pour se placer à long terme comme un leader africain de ce secteur, selon un Policy paper du Policy Center for the New South (PCNS).

« En considérant le potentiel de croissance du transport maritime en Afrique, le Royaume du Maroc a fait le choix judicieux d’investir dans ce secteur pour se placer à long terme comme un leader africain du transport maritime et de la logistique portuaire », indique Youssef Tobi, auteur de ce policy paper intitulé « la maritimisation du monde et l’espace atlantique africain : Quelle place pour le Maroc ? ».

Le Maroc a parcouru un long chemin en matière de développement de sa connectivité maritime, affirme M. Tobi, notant que le Royaume est le deuxième pays à l’échelle du continent africain (après l’Egypte), et le 22ème à l’échelle mondiale (contre le 81ème rang en 2006).

Cette bonne performance du Maroc est le corollaire de grands efforts d’investissements entrepris lors des vingt dernières années dont la principale manifestation est la mise en service, en 2007, du port Tanger Med I, précise ce policy paper.

Et de relever que la position du Maroc est appelée à se réconforter dans les années à venir après la mise en service de Tanger Med II en 2019, qui a confirmé le positionnement du complexe portuaire Tanger Med en tant que hub logistique mondial, connecté à 186 ports mondiaux dans 77 pays.

Parallèlement, l’expert indique que le transport maritime est le moteur principal du commerce mondial puisque plus de 80% des échanges commerciaux se font par voie maritime, déplorant « la faible contribution » de l’Afrique au commerce maritime, limitée à 5,7% du trafic maritime mondial en 2017.

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« Cette part est sans commune mesure avec les atouts distinctifs de l’Afrique, avec un littoral donnant accès à trois façades maritimes (atlantique, indienne, et méditerranéenne), regroupant 38 pays, soit plus de 70% des pays du continent », ajoute M. Tobi.

Par ailleurs, le policy paper souligne que « depuis mars 2020, le domaine maritime du Royaume est fixé à 12 milles pour la Mer territoriale, 24 milles pour la Zone contiguë, 200 milles pour la Zone économique exclusive (ZEE) et 350 milles maximum pour le Plateau continental ».

Cette extension du domaine maritime, rappelle M. Tobi, intervient suite à la mise à jour par le Maroc de son arsenal juridique, précisant que deux lois ont été ainsi publiées au Bulletin officiel du 30 mars 2020, à savoir la loi n°37.17 modifiant et complétant le dahir portant loi n°1.73.211 du 2 mars 1973 fixant la limite des eaux territoriales, ainsi que la loi n°38.17 modifiant et complétant la loi n°1.81 instituant une Zone économique exclusive de 200 milles marins au large des côtes marocaines.

Selon M. Tobi, l’espace atlantique représente un « avantage stratégique » pour le Maroc, mais qui « n’est pourtant pas exploité à son maximum ». Au-delà des aspects commerciaux avec l’établissement de pôles logistiques efficients vers l’Afrique, cette façade atlantique, a-t-il dit, est une ouverture sur le monde nord et sud-américain.

Avec-MAP-