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Le Maroc dispose d’un patrimoine paléontologique très riche et diversifié

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Le patrimoine paléontologique du Maroc est très riche et diversifié, et représente toutes les époques de l’histoire de la vie sur terre, a affirmé Pr. Samir Zouhri, chef de département de géologie à la Faculté des sciences Aïn Chok relevant de l’Université Hassan II de Casablanca.

« Le Maroc est l’un des pays les plus riches en fossiles », a fait savoir Pr. Zouhri dans un entretien à la MAP, à l’occasion de la découverte par des paléontologues de la faculté des Sciences et du Museum de Paléontologie de l’Université du Michigan aux États Unis, au sud de Dakhla, de fossiles de siréniens qui remontent à l’époque géologique de l’Éocène supérieur, soit il y a 35 à 40 millions d’années.

La découverte au sud de Dakhla de ces fossiles de siréniens, plus communément appelés « vaches de mer », ont été baptisés Dakhlasiren marocensis pour enseigner du lieu de la découverte (Dakhla au Maroc) et la taxinomie de l’animal (Sirénien), a relevé Pr Zouhri, ajoutant qu’il s’agit d’une « nouvelle espèce jamais connue ».

« C’est un proto-sirénien, une forme archaïque différente des formes actuelles », a-t-il précisé.

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Pr. Samir Zouhri, chef de département de géologie à la Faculté des sciences Aïn Chok

« Aujourd’hui, trois espèces de siréniens existent, dont les membres postérieurs ont disparu, alors que le sirénien découvert à Dakhla avait des membres antérieurs et postérieurs. C’est un ancêtre des siréniens actuels », a expliqué Pr. Zouhri.

Selon lui, cette découverte s’inscrit dans le cadre d’un grand projet mené dans le Sahara marocain par le département de géologie de la Faculté des sciences de Aïn Chok en collaboration avec le Museum de Paléontologie de l’Université du Michigan aux États Unis.

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Ce projet, qui a bénéficié d’un soutien de National Geographic pour les missions de terrain, a pour objet d’étudier les animaux de l’époque de l’Éocène, soit la période d’il y a 50 à 45 millions d’années jusqu’à il y a 28 millions d’années, marquée par des changements climatiques très importants, a-t-il ajouté.

Il s’agit également d’explorer la paléodiversité de cette époque géologique, les animaux qui y ont vécu, mais aussi de dater les roches et de comprendre comment le climat a changé à cette époque.

Par ailleurs, Pr. Zouhri a relevé que cette nouvelle découverte de fossiles de siréniens au sud de Dakhla est très importante pour comprendre comment la famille des Protosirenidae, qui sont des animaux d’origine africaine (cousins lointains des éléphants), se sont ensuite répartis à travers le monde.

« Alors que les baleines et les siréniens étaient à l’origine des animaux terrestres qui se sont ensuite adaptés à la vie dans un milieu aquatique, l’étude des fossiles permet de suivre et comprendre comment cette adaptation s’est faite avec des changements anatomiques et physiologiques pour s’adapter à ce nouveau mode de vie. C’est très important pour étudier l’évolution de cette espèce animale dans le temps », a-t-il ajouté.

Si Pr. Zouhri s’est réjoui de l’existence de ces fragments de l’histoire de la terre dans le sol marocain il a, toutefois, déploré le trafic illicite de ces fossiles, expédiés à l’extérieur du Maroc, ce qui nuit considérablement au patrimoine paléontologique national.

Il a, dans ce cadre, appelé à créer des musées de paléontologie dans plusieurs villes du Maroc afin de mettre en avant cet important patrimoine, et à renforcer la législation pour lutter contre le trafic illicite.

  Arancha González Laya, écartée Du Gouvernement Espagnol

Avec-MAP-

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