La romancière marocaine Zineb Mekouar a été sélectionnée parmi les finalistes du Prix Goncourt du premier roman, avec «La poule et son cumin», a annoncé mardi l’Académie Goncourt.

Sorti récemment en France en versions papier et numérique, ce premier roman de Zineb Mekouar est une véritable fresque sur les contrastes de la société marocaine.

Il a été retenu aux côtés de cinq autres finalistes. Il s’agit de “La Tour de Doan Bui” , “Les Envolés” d’Etienne Kern, “La Recitante” d’Eve-Marie des Places, “Qu’est ce que j’irai faire au paradis” de Walid Hajar Rachedi, et “Les Méduses n’ont pas d’oreilles” d’Adèle Rosenfeld.

Parus aux éditions JC Lattès, collection La Grenade, qui révèlent des voix nouvelles de France et d’ailleurs, le roman de Zineb Mekouar relate le destin de deux jeunes marocaines radicalement opposées : Kenza et Fatiha. La première issue d’une riche famille poursuit des études à sciences Po-Paris. Elle décide de rentrer à Casablanca et reprend contact avec Fatiha, la fille de sa nourrice et son amie d’enfance. Célibataire, cette dernière se retrouve enceinte dans une société conservatrice qui interdit l’avortement.

Par les récits croisés de Kenza et Fatiha, Zineb Mekouar entremêle les destinées de deux héroïnes entre soumission et transgression. Dans cette grande fresque, leurs blessures et leurs drames épousent les clivages politiques et sociaux du Maroc contemporain.

Le roman traite de l’amitié, mais “c’est beaucoup plus profond”. Il permet de voir des femmes de classes opposées, comment elles grandissent et comment elles évoluent quel que soit le milieu et malgré des lois qui peuvent parfois être rétrogrades. Bref, un roman sur l’émancipation des femmes, tel que le revendique haut et fort Zineb Mekouar.

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L’intrigue se déroule en 2011, un moment charnière de l’histoire du Maroc contemporain, mais aussi un moment où fut publiée la fameuse circulaire Guéant en France, celle qui obligeât plusieurs étudiants étrangers à quitter la France du jour au lendemain. Les premiers touchés furent les Marocains parce que c’est la première communauté estudiantine en France.

D’ailleurs, dans une partie du roman, il est question des relations entre le Maroc et la France.

Zineb Mekouar est née à Casablanca en 1991. Elle vit à Paris depuis 2009. Après des études à Science Po et HEC Paris, elle a exercé dans le conseil en stratégie puis a été responsable des Affaires publiques dans un incubateur de start-up.

Les Académiciens du Goncourt ont également annoncé les finalistes de la nouvelle, de la biographie Edmond-Charles-Roux, dont les lauréats seront proclamés le 10 mai ainsi que le Goncourt de la poésie Robert Sabatier couronnant l’ensemble d’une oeuvre.