Le Centre cinématographique marocain (CCM) a interdit la projection du film britannique «La Dame du Paradis» («The Lady of Heaven»), considéré comme «blasphématoire» dans plusieurs pays musulmans.

Réalisé par Eli King, ce film dramatique est sorti vendredi 3 juin dans les salles du Royaume-Uni. Il se présente comme le premier à aborder le personnage de Fatima Zahra, la fille du Prophète Muhammad et épouse d’Ali, le quatrième et dernier des califes bien guidés pour les sunnites et le premier imam pour les chiites.

Le film revient d’abord sur le destin tragique d’un enfant irakien faisant face, au 21e siècle, aux affres d’une guerre ponctuée par d’innombrables crimes de Daesh. Il apprend alors l’importance et le pouvoir de la patience en découvrant l’épopée de Fatima.

L’œuvre de l’auteur koweïtien chiite raconte l’histoire de la fille du prophète Mohamed, Fatima Zahra, épouse d’Ali, premier imam chiite. Déprogrammé au Royaume-Uni, le film est accusé par des musulmans sunnites de représenter le prophète et d’adopter un point de vue pro-chiite sur la lutte de succession qui suivit sa mort en 632.

Sorti le 3 juin au Royaume-Uni, le film a été déprogrammé par la chaîne « Cineworld » après des rassemblements de musulmans devant ses salles de cinéma où il était diffusé. Il a donc été jugé « blasphématoire » en Egypte, au Pakistan, en Iran et en Irak entre autres pays musulmans.

Mais même du côté chiite, The Lady of Heaven ne fait guère l’unanimité. Bien avant sa sortie, des responsables politiques et religieux iraniens ont critiqué un film vecteur de « divisions » entre musulmans. Il a d’ailleurs été interdit de diffusion en Iran ainsi qu’au Pakistan et en Egypte.

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« Cette initiative artistique parle d’histoire et de religion, des sujets qui sont toujours confrontées à des interprétations différentes, explique Malik Shlibak. C’est normal et même très sain. Nous en sommes satisfaits et nous encourageons les gens à s’exprimer, qu’ils soient pour ou contre le film. Ce que nous ne pouvons supporter en revanche et contre quoi nous nous opposons fermement, c’est ce que les opposants essaient de faire : censurer ceux qui ne pensent pas comme eux et imposer ce que nous pourrions ou ne pourrions pas voir dans ce pays. » Il ajoute qu’ils ont le droit de protester mais que ce comportement est dangereux. « La population doit s’en rendre compte et s’y opposer parce que cela viole et met en danger leur liberté de parole. »