Dans une lettre adressée à l’ambassadrice de France à Rabat, Hélène Le Gal, la Fédération marocaine des droits du consommateur (FMDC) réclame la restitution des frais des visas non délivrés par les consulats de France. Des frais qui passent de 50 euros, pour les étudiants à 80 euros minimums pour les visas cours séjour.

La Fédération marocaine des droits du consommateur (FMDC) a appelé les autorités françaises à restituer aux Marocains ayant essuyé un refus de visa leurs frais de dossier. Tout comme les frais de dossiers, ces frais de service ne sont pas remboursés en cas de refus. Au Maroc le taux de refus frôlait les 70 % en 2022. «Ils nous pillent, car ils savent qu’ils ne vont pas nous accorder le visa et ils encaissent l’argent sans le rembourser. Ils se font de l’argent sur notre dos», s’est indignée Sara, une postulante déboutée.

Une situation qui a fait interagir la FMDC. «Nous aurons de l’honneur de solliciter de votre excellence de bien vouloir intervenir auprès des différents consulats de la république française au Maroc en les invitant à restituer les frais des visas non délivrés. (service non fait)», pointe le document dont Barlamane.com détient copie.

Pour une demande de visa, il faut verser (sauf exceptions) des frais de dossier aux consulats : 80 euros (830 dirhams) pour un visa court séjour, 99 euros pour un long séjour (1 030 dirhams). En cas d’externalisation, les demandeurs doivent en plus payer les sociétés privées, sous forme d’appels surtaxés ou de «frais de service».

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«Les restrictions d’octroi de ce document ont été imposés par le gouvernement français sans avoir informé le consommateur, demandeur de visa sur les nouvelles modalités de délivrance (droit à l’information)», rappelle le communiqué.

«En outre, la société intermédiaire entre consulat et le consommateur n’a pas l’autorité légale de détenir les données personnelles de ce dernier (loi 08-09)», souligne la FMDC.

«Ces coûts supportés par les usagers déboutés sont une discrimination économique pour les familles les moins aisées et créent de fait un sentiment d’injustice», juge une source proche du dossier à Barlamane.com. «Il est à craindre que cela ajoute aux risques d’arnaque institutionnalisée», a-t-elle déploré.