Traditionnellement, ce sont les femmes berbères du Sud Marocain qui préparent à la maison l’huile d’argan pour les besoins familiaux. Aussi bien pour les besoins alimentaires en cuisine que pour les usages ancestraux de remède naturel ou pour ses propriétés cosmétiques.

L’élaboration d’un seul litre de ce véritable trésor de vitalité, de beauté et de santé exige 8 h de travail assidu. Cette extraction se fait à la maison car, par coutume, les femmes ne la quittent pas.

Les fruits de l’arganier apparaissent après les pluies d’automne. Ils mûrissent au Printemps et tombent au sol en Juin et Juillet, au début de l’Eté. Ils sont laissés sous les arganiers pour sécher. Les parcelles d’arganiers sont clôturées pour éviter que les chèvres ne viennent les manger.

L’arganier appelé également « Argania Spinosa » est originaire d’Afrique du Nord et existe depuis près de 70 millions d’années. Issu de la famille des Sapotacées, l’arganier n’a pas besoin d’être cultivé mais pousse de manière naturelle aussi bien au niveau de la mer qu’en altitude. Cet arbre est principalement présent au Maroc, où sa culture permet à de nombreux villages de vivre et présente une réelle ressource économique.

Les étapes de la fabrication de l’huile d’argan

Le ramassage

La première étape consiste à collecter les fruits de l’arganier directement sur les arbres, par battage à la perche pus récolte dans un filet. Ce travail, comme tout le reste de sa fabrication est un travail réalisé principalement par les femmes berbères des régions en question.

Les fruits sont ensuite séchés au soleil afin de faciliter l’étape suivante. Pour un résultat de qualité, il est important de sélectionner des noix en parfait état.

Le dépulpage

L'ELABORATION ARTISANALE DE LA PRECIEUSE HUILE D'ARGAN 1

Pour faciliter la compréhension, il faut savoir que la noix tombée de l’arganier contient un noyau, contenant à son tour les amadons. Comme expliqué précédemment, ce sont les amandons qui serviront à la fabrication de l’huile d’argan. À la fin du mois d’août, les noix sont devenues marrons et sèches, ce qui facilite grandement leur dépulpe.

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Il s’agit alors d’ouvrir les fruits de l’arganier scrupuleusement et délicatement afin d’en récolter les noyaux sans les abîmer. Pour effectuer cela de manière manuelle, on utilise 2 pierres qui percuteront la coque afin de l’ouvrir.

Cela peut être aussi réalisé avec une machine appelée « une dépulpeuse ». Une autre manière peu recommandée consiste à récupérer les amandons dans les excréments des chèvres qui auraient préalablement mangé la pulpe de noix d’argan.

Concassage et extraction

Une fois dépulpés, les noyaux sont à leur tour concassés à l’aide d’un marteau et d’un pilon. L’objectif étant de les écraser afin de conserver les amandons. Cette étape est extrêmement difficile car les noyaux sont robustes contrairement aux amandons à l’intérieure, très fragile. Il est impératif de les garder en bon état tout en brisant le noyau. Inutile de préciser que ce moment est long et pénible, probablement le plus fastidieux dans la fabrication de l’huile d’argan.

Une fois les fameux amadons récoltés, ces derniers sont triés et placés dans une corbeille ou un récipient. Ils sont ensuite torréfiés dans un plat chauffé par le feu. Cette étape est facultative et uniquement destinée à la fabrication d’huile alimentaire.

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Les amandons sont ensuite écrasés à l’aide d’un moulin à bras donnant naissance à une pâte visqueuse. Cette pâte sera malaxée et pétrie de longues heures à laquelle on y ajoutera de l’eau.

Décantation et filtrage

Une fois la pâte obtenue, celle-ci est laissée au repos. C’est alors que l’huile commence à suinter et s’évacuer du mélange. On va alors la stocker dans de grands récipients et décanter plusieurs jours afin de séparer l’huile des résidus végétaux. L’huile est ensuite filtrée à plusieurs reprises afin de la purifier et garder un liquide limpide.

En plus de se raréfier, l’huile d’argan est longue à obtenir et sa fabrication n’est pas anodine mais bien l’aboutissement de connaissances et d’un savoir-faire inimitable.

Aussi important à retenir, l’huile d’argan cosmétique doit être non torréfiée et pressée à froid afin de conserver au mieux ses vertus et richesses.

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Concernant l’extraction, il faut donc privilégier un pressage à froid si l’on désire un usage cosmétique.

L’huile d’argan et sa préservation

L’arganeraie est traditionnellement habitée par la population berbère qui a développé à travers les âges une manière particulière de vie centrée sur l’arganier. L‘arganeraie assure ainsi la subsistance de 3 millions de personnes dont 2.2 millions en milieu rural.

La zone d’arganier s‘étendait autrefois sur 1.5 million d‘hectares. Elle ne couvre actuellement plus que 800 000 ha, en moins d‘un siècle plus de 2/3 de la forêt a disparu et environ 600 ha sont perdus chaque année. Cette réduction est la conséquence d‘une surexploitation agricole, de la surexploitation domestique des arganiers comme bois de chauffage ou comme fourrage suspendu par les troupeaux et des récentes années d‘extrême aridité qui ont frappé le Maroc. L‘érosion des sols et l‘avancée du désert constituent en conséquence autant d‘agressions de ce patrimoine unique

Préoccupé par cette problématique, l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) a déclaré l‘arganeraie marocaine Réserve de la Biosphère en 1998.

LA FABRICATION DE L’HUILE D’ARGAN PAR LES COOPERATIVES SOLIDAIRES

Les bienfaits de l’huile d’argan se sont répandus dans le monde entier à la fin des années 1990. Avant cela, la précieuse huile était pratiquement indisponible du fait du caractère strictement familial de son élaboration et de sa consommation. C’est alors qu’ont germé les premières coopératives solidaires de production dans la région d’Essaouira permettant de donner du travail et des revenus à des femmes veuves ou divorcées de la région, car d’usage les femmes mariées restent à la maison. Ces femmes veuves ou divorcées étaient les plus pauvres parmi les pauvres et n’ayant pas de mari étaient souvent obligées d’émigrer vers les grandes villes, où au mieux elles se louaient comme domestiques ou subsistaient de petits boulots.

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Source: blog maroc-argan